Les pandémies de H5N1 et de H1N1, qui n'ont pas eu la puissance de celle d'aujourd'hui, ont conduit à la construction d'un plan antipandémique fondé sur la prévention et le plan blanc. Cela impliquait la constitution d'un stock de matériel médical – 1,5 milliard de masques en 2011, 6 000 respirateurs en sus des 5 000 existants, des millions de médicaments anti-infectieux, d'antibiotiques et de vaccins. Ce stock était conservé au sein de l'Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS) ainsi que dans les pharmacies militaires – notamment celle de Chartres. Un système préventif existait donc, et le plan blanc permettait d'actionner tous les hôpitaux de France.
Or, cette stratégie a été démobilisée et le pays a été désarmé à l'arrivée de ce nouveau virus. Si elle avait été active entre décembre et mars, la force de la pandémie aurait-elle été moindre ? Ce n'est pas certain. Toutefois, des écarts importants s'observent lorsque l'on compare la France avec l'Allemagne ou la Corée du Sud – en nombre de lits, de personnels médicaux, ou de respirateurs.
La commission d'enquête devra analyser sur place ce qu'il s'est passé au sein de l'EPRUS, et se tourner vers les urgentistes pour comprendre pourquoi le plan appliqué n'a pas correspondu au plan blanc de 2010-2011 et pourquoi les soignants ont dû courir après le matériel pour pouvoir réagir. Elle devra également envisager une reconstruction du système, pour qu'il soit opérationnel en prévision d'éventuelles nouvelles crises.
Nous n'avons pas pu aller au fond des problèmes au cours de la mission d'information.