Intervention de Didier Raoult

Réunion du mercredi 24 juin 2020 à 17h00
Mission d'information sur l'impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie de coronavirus-covid 19 en france

Didier Raoult, directeur de l'institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection :

Cela ne concerne pas que les pays pauvres : la Corée a recommandé de donner un traitement aux patients, dont l'hydroxychloroquine. L'Europe et les États-Unis sont isolés dans cette stratégie qui consiste à ne pas traiter. Le bon sens veut que l'on fasse quelque chose pour les malades, même si l'on ne sait pas à quel point cela marche. La médecine doit soigner les malades ! Et cela concerne non seulement le médicament, mais également tout le soin qui va avec : très tôt, on s'est rendu compte qu'il fallait donner des anticoagulants, parce que certains patients faisaient des embolies. Nous avons appris au fur et à mesure. De même, si l'on fait un test de saturation en oxygène, ce qui est très peu coûteux, et que le résultat est inférieur à 95 %, on intervient sans attendre que le malade soit en détresse respiratoire.

Les gens testés positifs que nous renvoyons chez eux se comportent différemment : ils s'isolent dans leur chambre parce qu'ils savent qu'ils représentent un risque pour leur famille, et ils reviennent se faire tester jusqu'à ce qu'ils soient négatifs : cela fait donc baisser le risque de contagion, même en situation de confinement. La majorité des personnes contaminées n'a pas de fièvre ni de toux : si elles ne sont pas testées, elles ne savent donc pas qu'elles sont contagieuses.

La clef, c'est la détection. Des études montrent que l'extension de la maladie et la mortalité sont liées au nombre de cas testés : ainsi, l'Islande, qui a le plus testé sa population, a aussi le taux de mortalité par habitant le plus bas. Dans une situation comme celle-là, vaut-il mieux donner des médicaments ou ne rien donner ? Nous avons eu recours à deux des médicaments les plus prescrits dans l'histoire de l'humanité : comment en est-on arrivé à dire qu'ils étaient toxiques ? En 2019, l'hydroxychloroquine était délivrée sans ordonnance ; puis nous n'avons plus eu le droit de la prescrire, ce qui posait problème pour les gens qui en avaient besoin pour d'autres maladies et n'arrivaient pas à s'en procurer en pharmacie. Comment a-t-on pu ainsi passer d'un extrême à l'autre ? Vous devriez vous poser la question ! Ce n'est quand même pas parce que j'ai dit du bien de l'hydroxychloroquine ? Ou alors je serais le diable !

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