Intervention de Christophe Gautier

Réunion du lundi 6 juillet 2020 à 17h00
Mission d'information sur l'impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie de coronavirus-covid 19 en france

Christophe Gautier, directeur général des Hôpitaux universitaires de Strasbourg :

Il n'y a pas eu de rupture par rapport à la doctrine établie en matière de masques. Si je n'ai pas évoqué, comme l'a fait Martin Hirsch, la question des surblouses, nous avons également fait face à une rupture très nette d'approvisionnement. Leur coefficient d'utilisation a été multiplié par soixante-quatre au moment du pic de l'épidémie, ce qui nous a également contraints à trouver des solutions alternatives.

Les tests destinés aux personnels ont été réalisés et leurs primes bien versées. Nous n'avons d'ailleurs pas éprouvé de difficultés particulières avec les organisations syndicales au moment d'adapter les différentes circulaires.

L'adaptation du système hospitalier est en effet tout à fait essentielle : à cet égard, l'extension des capacités de réanimation a été la clé de la qualité de la prise en charge des patients.

Cela étant, le déploiement, hors contexte de crise, de capacités dimensionnées au pic du besoin ne serait ni pertinent, ni utile, ni efficient. La réflexion conduite dans de nombreux établissements vise au contraire à déployer des capacités dites de réanimation éphémère, ce qui impose de disposer de protocoles de déploiement portant à la fois sur les lieux, les équipements et les équipes à mobiliser en cas de pic épidémique.

Je suis un peu surpris des chiffres évoqués s'agissant du personnel administratif : au CHU de Strasbourg, il représente en effet moins de 9 % de la totalité des personnels, sachant qu'il inclut les secrétariats médicaux. Nous sommes donc bien loin d'un rapport de parité avec les personnels soignants.

Nous avons toujours été capables de mener des tests, soit 300 par jour au début de la crise, 450 à la mi-mars, 700 début avril et 2 000 dès que la machine à tests rapides nous a été octroyée, ce qui a servi à dépister tous les agents présentant des symptômes.

Je suis formel : nous n'avons jamais demandé à des personnels testés positifs de rester en poste ou d'y revenir, cette question ayant notamment fait l'objet d'un suivi très attentif de la part de la médecine du travail, qui s'est également penchée sur les évictions préventives, en raison par exemple d'une fragilité immunitaire.

Enfin, la collaboration mise en place au sein de la cellule de coordination territoriale entre le CHU de Strasbourg et la clinique Rhéna a été tout à fait efficace.

Deux solutions s'offraient à nous et à l'ensemble des établissements privés : soit ils essayaient de dégager des équipes, notamment en anesthésie, pour les affecter au CHU qui aurait détenu le monopole d'accueil des patients, soit au contraire ces derniers étaient répartis au mieux des différentes capacités. Nous avons opté pour cette dernière solution, notamment grâce à des autorisations particulières de réanimation, accordées aux établissements privés par l'agence régionale de santé : ainsi chacun a pu jouer son rôle en lissant le nombre de patients admis dans les établissements publics ou privés du territoire de santé.

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