Intervention de Samuel Leré

Réunion du vendredi 26 février 2021 à 9h30
Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets

Samuel Leré, responsable plaidoyer de la fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme (FNH) :

Ayant entendu les questions de Mme Lebec et de M. Cazeneuve, j'ai le sentiment que nous nous sommes fait mal comprendre. Les chiffres et les études cités prennent bien en compte tout ce qui a été fait par les lois précédentes, loi d'orientation des mobilités et loi EGALIM par exemple, ainsi que le plan de relance. Mais ces actions et le texte qui nous occupe, cumulés, ne permettent pas d'atteindre l'objectif de réduction de 40 % des émissions ; c'est pourquoi nous vous disons que le projet de loi doit être revu. Cela ne signifie pas que rien n'a été fait mais que l'ensemble ne suffit pas pour atteindre cet objectif ni, a fortiori, l'objectif de réduction de 55 % que le Président de la République lui-même a validé en décembre dernier. En son état actuel, le projet de loi n'est à la hauteur ni de l'enjeu climatique, ni des objectifs que la France s'est fixés.

La convergence entre social et écologie est très importante pour nous, ce pourquoi nous sommes rassemblés au sein du Pacte du pouvoir de vivre avec les associations les plus compétentes en ce domaine, celles qui travaillent auprès des publics les plus fragiles, telles la Fondation Abbé Pierre ou le Secours catholique, et avec des syndicats comme la CFDT. Nous avons, collectivement, porté des mesures qui ne figurent pas dans ce projet de loi, telles que les aides pour les jeunes de moins de 25 ans. Autant dire que nous avons ces sujets en tête : toutes les mesures que nous proposons, notamment celles qui portent sur la rénovation thermique, sont faites avec les acteurs travaillant auprès des plus précaires d'entre nous.

La mention des habitants des campagnes me donne aussi à penser que nous nous sommes fait mal comprendre. Personne ici ne parle d'interdire la voiture. Nous disons qu'il faut basculer vers un modèle de voiture bas-carbone utilisant le moins possible d'énergies fossiles. Il s'agit d'interdire la vente des véhicules diesel et essence, non les autres, à partir de 2030, et encore parlons-nous des véhicules neufs : tous les véhicules diesel et essence déjà acquis à cette date resteront sur le marché de l'occasion pendant toute leur durée de la vie, soit entre quinze et vingt ans. Je le redis, nous ne voulons pas interdire la voiture mais transformer ce modèle. Cela explique aussi la proposition relative aux parcs automobiles. Ceux qui achètent le plus de voitures neuves sont l'État, les collectivités territoriales et les entreprises ; ces acteurs, qui ont les moyens de le faire, doivent donc acheter des voitures bas-carbone pour qu'elles arrivent ensuite sur le marché de l'occasion.

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