Ce débat est essentiel. Le choix fait dans la loi ÉGALIM a été de miser sur des produits issus de labels publics, qu'ils soient européens – SIQO, bio – ou nationaux, avec la certification HVE. Ces labels sont un gage de qualité – même si l'on peut débattre pour savoir s'ils prennent suffisamment en compte la donnée climatique.
Nous voulons aussi valoriser les produits du territoire. Mais le problème, c'est qu'il n'y a pas d'équivalence entre les produits du territoire et les produits issus d'une labellisation publique. En Normandie, par exemple, il existe plusieurs labels privés de viande issue de vache normande qui ne rentrent pas dans les dispositifs ÉGALIM. La démarche Bleu‑Blanc‑Cœur, que vous avez évoquée, ne rentre pas non plus dans le dispositif ÉGALIM, parce qu'elle est privée.
La question qui se pose est la suivante : si l'on veut promouvoir les produits du territoire dans le dispositif ÉGALIM, doit-on passer uniquement par des labellisations publiques, ou par une transformation des labellisations privées ? Vous voyez que nous faisons le grand écart entre deux objectifs. Si nous voulons faire du « tout label », alors nous excluons les produits du territoire ; il faudrait trouver un moyen de concilier les deux, mais cela pose un vrai problème d'écriture, car les deux objectifs ne sont pas totalement conciliables. Nous en débattrons en séance.