Intervention de Hakim El Karoui

Réunion du mercredi 13 janvier 2021 à 17h00
Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi confortant le respect des principes de la république

Hakim El Karoui :

Il convient de distinguer deux éléments dans le cadre du halal : l'abattage lui-même et la certification. Ceux qui font l'abattage assurent aussi la certification, suivant une séparation des œuvres parfois discutable. En l'occurrence, trois mosquées, à Évry, Paris, et Lyon, ont le droit d'émettre des cartes pour des certificateurs, qui seront les salariés de ces mosquées ou des abattoirs. La mosquée de Paris et la mosquée d'Évry donnent des cartes à des professionnels salariés par les abattoirs. Une petite redevance est alors versée pour service rendu. Elle pourrait d'ailleurs être plus importante. Il y a un autre service relatif à la certification. Aucun euro ne va au financement du culte.

Quant à la certification, les mosquées ont parfois constitué des associations qui assurent cette démarche. Certaines entreprises ont également été créées pour faire de la certification halal, ce dont il résulte parfois un débat assez complexe et jésuitique sur ce qui est halal. Cependant, aucun euro n'est destiné au financement du culte. Les mosquées récupèrent le produit pour elles-mêmes, et non pour le financement du culte musulman et pour les sujets d'intérêt national – formation des imams, travail théologique, présence sur les réseaux sociaux.

On ne sait rien sur les chiffres. Ce n'est pas faute de les avoir demandés. Nous ne connaissons pas non plus le montant des dons aux mosquées. L'essentiel du financement des mosquées repose sur les dons. Ces derniers représentent 250 à 300 millions d'euros pour le culte musulman, contre 700 millions d'euros pour le denier du culte catholique. 3 000 mosquées se sont professionnalisées, mais rien n'est consolidé. Aucun euro ne va à des sujets d'intérêt national.

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