Intervention de François-Michel Lambert

Réunion du mardi 22 septembre 2020 à 17h35
Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrançois-Michel Lambert :

La filière de la betterave sucrière subit avant tout l'effondrement des prix du sucre, du fait de la fin des quotas européens et de la surproduction mondiale. Nous aurions tant aimé que le Gouvernement se mobilise sur ce dossier autant qu'il le fait pour revenir sur une interdiction datant de 2016 ! Les premiers travaux qui déboucheront sur cette décision remontent à plus de sept ans – j'étais à l'époque le chef de file du groupe écologiste pour l'examen du projet de loi relatif à la biodiversité. Permettez-moi de rappeler comment ce résultat a été obtenu : le vote s'est joué à deux voix près. Il a été acquis parce que des députés Les Républicains pro-chasse ont quitté l'hémicycle pour permettre l'adoption de cette mesure ; ils savaient bien que s'il n'y avait plus de petit gibier, notamment d'oiseaux, c'est parce qu'il n'y avait plus d'insectes – les néonicotinoïdes ne touchent pas que les pollinisateurs : c'est tout l'équilibre naturel et la biodiversité qui sont atteints, y compris les oiseaux. Si vous ne me croyez pas, consultez le compte rendu ou regardez la vidéo !

Cette interdiction n'était pas dirigée contre les agriculteurs, c'était une mesure pour la sauvegarde des insectes, des pollinisateurs et de la biodiversité dans son ensemble, et c'est pourquoi il n'est pas acceptable que nous revenions dessus aujourd'hui. Nous devons avoir le courage de faire le choix politique de préserver des pans entiers de biodiversité dans nos campagnes. Ne mettons pas les pieds dans un monde inconnu !

Si l'on pouvait mesurer la valeur économique de la biodiversité, des insectes pollinisateurs ou des oiseaux, je peux vous assurer que personne, y compris au Gouvernement, n'autoriserait le retour des néonicotinoïdes. Le prix à payer est sans comparaison avec les pertes économiques que subissent actuellement les agriculteurs et l'ensemble de la filière. Pourquoi ne pas porter un autre regard sur la question, par exemple en accompagnant économiquement la filière, comme le propose notre collègue M. Guillaume Garot, ancien ministre de l'agriculture et expert du sujet ?

Un dernier mot. Nous avons, pour une grande part d'entre nous, voté la fermeture des centrales à charbon.

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