Intervention de Antoine Herth

Réunion du mardi 15 décembre 2020 à 17h30
Commission des affaires économiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAntoine Herth :

Je voudrais joindre ma voix au concert de louanges adressées au président, aux deux co-rapporteurs et à l'ensemble des membres de cette mission dont j'ai eu l'honneur de faire partie.

Le sujet était évidemment complexe compte tenu de la forte attente en la matière et des engagements politiques extrêmement forts venant du sommet de l'État. Il faut se placer à l'articulation d'une réglementation européenne souvent ignorée, avec la tentation de jouer sur le levier de la législation nationale. Je rappelle que la directive de 2009 demande à chaque État membre de présenter un plan de réduction des produits phytosanitaires. De ce point de vue, la France est vraiment à l'avant-garde de l'ensemble de nos partenaires européens.

Nous avons eu la chance de travailler sur l'état de l'art avec l'INRAE et de conforter le rôle important de l'ANSES. C'est une agence indépendante, qui doit le rester et qui doit pouvoir, en toute indépendance, trancher des questions techniques et donner un avis sur des autorisations de mise sur le marché. Nous avons travaillé avec les acteurs de terrain et avec l'opinion publique puisque l'ensemble de nos auditions ont été publiques, ce qui a aussi permis de faire en sorte que de nombreuses personnes puissent suivre ces travaux. Nous avons finalement su cheminer sur une ligne de crête et je m'en félicite.

Je souhaite que cette méthode puisse être reprise sur d'autres sujets plus complexes encore. Je pense en particulier à la séquestration du carbone ; selon moi, cette thématique nouvelle permettra de faire la synthèse de la rencontre de l'ensemble des possibles en termes agronomiques, économiques, écologiques ou en termes d'utilisation des produits phytosanitaires ou de génétique… Je pense qu'il serait peut-être intéressant de lancer une mission exploratoire du Parlement sur ce sujet. Nous nous placerions en avant-garde de la mise en œuvre de la future politique agricole commune (PAC). Cela éclairerait nos travaux, voire ceux de la future législature.

S'agissant de la transition technologique qui est devant nous, je regrette que nous en restions à un crédit d'impôt uniquement pour ce qui concerne le glyphosate. Je pense qu'une des pistes à explorer est celle d'un accompagnement fiscal, ou autre, pour une transition beaucoup plus ambitieuse. Pour citer les termes repris par Visconti dans Le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change ». Nous sommes justement dans la position inverse : il faut que tout change et, pour que tout change, il faut changer avec discernement et surtout avec beaucoup de persévérance. C'est le rôle et c'est tout l'honneur du Parlement d'avoir cette approche.

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