J'aimerais conclure très rapidement sur la déconcentration, car l'observation des services déconcentrés demeure riche de sens.
Quand on redonne de la place au terrain, à l'expérimentation, aux régions, se pose le problème du chef de file. Nous sommes intervenus auprès de nombreux services déconcentrés de différents ministères – agriculture, travail et emploi – et chaque fois le constat est le même : alors que ces services ont été pendant des années pilotes, chefs de file et avaient la main pour insuffler un mouvement et traduire sur le terrain la volonté du pouvoir central, on leur demande désormais de se mettre en retrait. Par conséquent, en plein désarroi, ils ne sont pas encore parvenus à apporter leur valeur ajoutée aux dispositifs pour lesquels la région ou l'intercommunalité tiennent les rênes.
Il y aurait sans doute un pont à construire entre ces deux niveaux administratifs, qui peut s'avérer très intéressant pour la concrétisation, car la circulation de l'un à l'autre reste peu fréquente aujourd'hui. La récente loi de transformation de la fonction publique, en rapprochant les statuts et en permettant davantage de fluidité entre services décentralisés et services déconcentrés, constitue peut-être un levier d'amélioration du dialogue entre ces services.