Monsieur le rapporteur, il est entendu pour nous que la nationalité ne compte qu'assez peu, ce qui répond à votre question sur les autres options possibles. Le débat n'est pas là. Mon exposé, qui a pu vous paraître à côté du sujet, prend tout son sens ici : ce qui fonde le caractère stratégique d'une entreprise, c'est sa capacité à répondre aux besoins des populations. Pour l'industrie navale, il s'agit de besoins civils aussi bien que militaires.
Le dossier de la vente des Chantiers de l'Atlantique a fait apparaître que les capacités de production avaient littéralement fondu et avec elles, les emplois. Des chantiers navals sont en train de disparaître alors que, de la conception jusqu'à la livraison – ce que mes collègues appellent la filière –, ils sont capables de produire des navires répondant aux besoins de la population, qu'il s'agisse de ferries, de méthaniers ou de paquebots pour ne parler que du civil. Or cette dimension n'a intéressé ni les actionnaires ni, malheureusement, l'État. En réalité, l'État se borne à défendre des intérêts économiques particuliers, ceux de Naval Group et de Thales, dans le domaine de la défense. Les actionnaires, détenteurs de capitaux, voient dans leur achat des sources d'économies à court terme dans l'objectif de dégager des profits. Ce qui n'a rien à voir avec la satisfaction des besoins de la population.
Lorsqu'on veut acheter un appartement, on commence par en faire le tour ; or le tour social n'a pas été fait pour les chantiers navals.