Intervention de Loïc Prud'homme

Réunion du jeudi 28 octobre 2021 à 14h00
Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaLoïc Prud'homme, député :

‑ Je vais revenir sur l'aspect économique, parce qu'il me semble qu'il induit aussi des choix techniques engageants.

Lors de la présentation de l'étude à la presse, vous avez insisté sur une différence de coût de 15 % entre le scénario de référence et un scénario 100 % renouvelables. Dans quelle mesure cet écart de coût de 15 % n'est-il pas uniquement l'épaisseur du trait jusqu'en 2050 ? Selon que le coût moyen pondéré du capital est 1 % ou 7 %, les coûts varient quasiment du simple au double, passant par exemple pour le scénario N2 de 45 à 82 milliards. On est donc bien au-delà des 15 % affichés. Dans le même temps, on sait par exemple que les tarifs de l'électricité ont augmenté de 18 % entre 2016 et 2021.

Aujourd'hui, l'État emprunte à 1 %, y compris à long terme, alors que les coûts moyens pondérés du capital pour des acteurs privés sont plutôt proches de 7 %. Il me semble qu'une organisation de notre système électrique qui ne reposerait pas sur le marché permettrait de garantir cette stabilité du coût sur le très long terme et que c'est cette organisation qui est déterminante pour les coûts. Le choix du mix énergétique doit donc se baser sur d'autres critères. Et c'est là que je voudrais en venir aux critères de faisabilité technique, d'impact et de risques environnementaux que vous avez effleurés. Ces aspects étaient présents dans la phase de concertation, mais ils le sont assez peu dans la synthèse. J'aimerais avoir quelques éléments de confirmation.

Ainsi, vous avez dit que votre approche était prudente. Je voulais savoir comment vous avez pu réaliser le chiffrage de l'EPR2 et du SMR. Vous présentez le risque technologique associé à l'EPR2 comme peu important. Sur quoi appuyez-vous cette certitude, dans la mesure où la construction de l'EPR n'est toujours pas terminée et qu'elle présente une incertitude que personne n'arrive encore à évaluer dans sa totalité, compte tenu de sa durée ?

Ensuite, vous avez rapidement évoqué la question du redimensionnement des réseaux électriques. Ce redimensionnement englobe-t-il aussi une réorganisation, notamment pour intégrer les énergies renouvelables diffuses ? Celles-ci nécessitent me semble-t-il – j'aimerais avoir votre confirmation – un déploiement différent du réseau électrique car le maillage du réseau actuel n'est pas forcément adapté pour les accueillir dans de bonnes conditions.

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