Nous entendons les associations, après un cycle d'auditions consacré cet été aux universitaires, afin de délimiter le cadre de nos travaux, dont le sujet est très vaste. Plusieurs axes commencent à se dégager.
Premièrement, la répression des propos et des actes racistes, très clairement définie par notre code pénal et par le reste de notre législation ; sur cet aspect qui mobilisera certainement les institutions policière et judiciaire, mais reste assez peu abordé par les associations dans nos auditions, nous sommes preneurs de vos éventuelles remarques.
Deuxièmement, la persistance chez tout le monde de nombreux préjugés, certainement liés à notre éducation et devant être combattus très tôt à l'école ; je serais également heureuse de vous entendre à ce sujet.
Troisièmement, la question des discriminations, qui prend une très grande place dans nos travaux. J'ai décidé de ne pas dire pour l'instant comment je la nommerai ; certains chercheurs nous disent qu'il existe un racisme institutionnel, d'autres qu'il s'agit de discriminations persistantes, non volontaires, mais produites par le système. J'estime qu'elles méritent que l'on s'y attarde quelle que soit la dénomination choisie : notre mission manquerait son objectif si elle ne s'y intéressait pas. Sentez-vous donc libres de nous faire part de votre expérience de terrain et des solutions que l'on pourrait selon vous apporter à ce problème, même si nous ne le nommerons peut-être pas de la même manière à l'issue de votre audition.
Au sein de la mission d'information, nous sommes attachés à l'universalisme. Nous avons cependant voulu entendre des associations représentatives – des Noirs de France dans votre cas, des Asiatiques précédemment, et d'autres – pour savoir s'il existe des spécificités qui affectent les personnes qu'elles représentent.