En citant l'expérimentation que je connais, je précise que mon intention n'était pas qu'elle soit répliquée partout. Il s'agit de se demander si l'élève raciste dispose d'un lieu où il peut dire qu'il l'est. Je crois au postulat d'éducabilité mais je crois aussi au postulat de cohérence, c'est-à-dire : chacun a de bonnes raisons de penser ce qu'il pense. Je fais référence aux travaux du chercheur Daniel Favre. Il faut mettre en œuvre ce postulat de cohérence face aux élèves. Quand faisons-nous l'expérience de l'égalité humaine ? Quand adultes et enfants se posent-ils ces questions sans qu'il y ait ces rapports de domination-soumission ?
En ce qui concerne l'orientation, j'insiste également sur le fait qu'elle commence bien avant le lycée professionnel. La revalorisation du lycée professionnel est de « l'esbroufe », on en parle depuis vingt ou trente ans. Tant que les ateliers seront réservés aux SEGPA et tant que tout le monde n'expérimentera pas l'atelier en collège, le lycée professionnel restera de l'esbroufe. Le signal donné est que, de toute façon, les autres n'y vont pas, et ce sont ceux qui ratent le « vrai lycée » qui vont à l'autre. L'orientation commence bien avant, puisque l'orientation en SEGPA démarre en cours moyen 1re année (CM1), soit vers l'âge de 8-9 ans. Je note aussi que l'étude d'ATD Quart Monde est partie de l'observation du fait que de nombreux élèves en difficulté sociale se trouvaient en unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) alors qu'ils ne relevaient pas du tout du handicap.