Intervention de Thomas Gassilloud

Réunion du vendredi 17 septembre 2021 à 9h30
Mission d'information sur la résilience nationale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaThomas Gassilloud, rapporteur :

Nous avons tous conscience que la mobilisation des acteurs a permis de résister pendant cette crise difficile. Vous aussi avez su vous réorganiser et nous vous en remercions.

Sur le fond, je souhaite revenir sur trois points d'attention.

Le premier porte sur votre demande de reconnaissance comme secteur stratégique. Les acteurs de la distribution et du commerce que nous avons entendus hier formulaient une demande similaire. Il nous faut préserver, voire développer, les outils industriels de transport et anticiper tout type de scénario. Il nous faut aussi organiser la coordination public-privé. C'est d'autant plus important que les capacités de transport propres à l'État, notamment les capacités militaires de transport, ont fondu au cours des vingt dernières années sous l'effet des réformes successives. En cas de crise majeure, les armées auront déjà pour mission de se transporter elles-mêmes alors qu'elles sont passées d'une logique de stock à une logique de flux. En effet, toutes les unités militaires n'ont pas un matériel en propre pour se transporter. Elles doivent utiliser un parc mutualisé, solution qui présente des contraintes au moment d'un pic d'engagement.

Le deuxième point concerne la mixité des transports. Je relève que chaque intervenant a exposé les demandes de son secteur mais je pense que la résilience globale repose sur la combinaison des modes de transport. La pertinence du fret ferroviaire, du fret routier, du fret maritime, etc., se juge en fonction de la capillarité, du coût, du délai, mais la résilience tient à la diversification des modes de transport. En effet, si des crises peuvent bloquer le fret routier, d'autres peuvent ne concerner que le transport maritime, comme le blocage récent du canal de Suez en est l'exemple. La part du fret routier reste prépondérante, avec 90 % de la part modale, mais nous devons veiller aux équilibres afin de préserver une mixité. Nous devons aussi nous montrer très attentifs au fret ferroviaire pour un bon maillage territorial.

Le troisième point concerne la réglementation, qui doit se situer au bon niveau car elle apporte de la sûreté mais peut aussi agir comme frein ou blocage. Même si nous savons temporairement la lever en cas de crise, nous devons veiller à ce qu'elle reste au bon niveau et c'est un combat permanent.

Je poserai trois questions : sur le pavillon français, sur les dispositifs de réquisition et sur la résilience technique.

La compétitivité du pavillon français est déjà essentielle en temps normal pour des raisons économiques et d'emploi, mais elle devient vitale en temps de crise. Par ailleurs, la crise nous apprend que, en temps de difficultés, les réflexes nationalistes reprennent rapidement le dessus. Pour chacun de vos secteurs, je souhaiterais connaître la part de fret gérée par des entreprises françaises et par des entreprises étrangères. Dans les entreprises françaises, pourriez-vous également préciser la part que représente la main d'œuvre étrangère ?

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