Vos exposés étaient tellement clairs que je n'ai pas beaucoup de questions à vous poser.
Je partage votre avis, monsieur, au sujet du service d'enquête spécialisé et je pense que c'est l'une des préconisations que nous pourrions faire. Les commissariats pourraient continuer de recevoir les plaintes mais il faudrait qu'elles soient ensuite traitées par des personnes spécialisées dans ce type de dossier : c'est ce qui se fait pour les violences envers les élus. Centraliser les plaintes nous permettrait par ailleurs d'avoir une vision d'ensemble de la situation, d'évaluer le nombre de cas de maltraitance en France et de connaître l'étendue des dégâts.
J'aimerais revenir, madame Saldmann, sur l'attitude des soignants. Les témoignages des familles, que nous avons entendues ce matin, m'ont vraiment interpellée. Nous ne remettons pas en cause le rôle des soignants, mais il est difficile de comprendre, par exemple, qu'une infirmière ne réagisse pas lorsqu'on lui fait signe. Quelle pression les soignants peuvent‑ils subir pour agir de la sorte, sachant que certains d'entre eux sont soumis à un code de déontologie ? Le livre dit bien que certains soignants, lorsqu'ils rentrent chez eux le soir, sont malades, parce qu'ils ont l'impression de commettre des actes de maltraitance dans l'exercice de leur métier. Les familles que vous recevez mettent‑elles en cause le personnel soignant ?