Au moment où je m'exprime, voilà les seules garanties que vous avez pu fournir au Parlement !
Vous avez, je l'espère, pris connaissance des courriers que vous ont adressés les oppositions au sujet du déroulement du scrutin. Vous avez en tête, j'imagine, les conditions dans lesquelles se sont déroulées les dernières élections organisées dans plus de cinquante-cinq pays, dont treize en Europe, avec un taux de participation parfois satisfaisant – et, dans le cas contraire, imputer sa faiblesse à la seule crise sanitaire serait une erreur. Retenez de notre opinion que les élections départementales ne servent pas à élire les cantonniers, en dépit de la plaisanterie de Coluche sur leur ancien nom d'élections cantonales, et que les élections régionales n'ont pas pour but d'élire des technocrates qui élaborent des schémas incompréhensibles.
Ces élections doivent être l'occasion de discuter des services publics de proximité, des moyens d'améliorer la mobilité de nos concitoyens, de redonner sens au made in France et de reconquérir des pans de notre souveraineté industrielle ou alimentaire. Elles sont l'occasion de débattre, projet contre projet, de démontrer l'utilité des collectivités territoriales, leur capacité à répondre aux besoins des habitants. Un tel rendez-vous démocratique ne peut être galvaudé : nous refusons, monsieur le Premier ministre, qu'il y ait des degrés dans la citoyenneté.