Intervention de Florence Parly

Séance en hémicycle du mercredi 5 mai 2021 à 21h00
Loi de programmation militaire et ses conséquences pour l'indépendance de la france

Florence Parly, ministre des armées :

C'est une question extrêmement pertinente et sensible. Je commencerai par les éléments les moins positifs pour expliquer ensuite en quoi la LPM nous permet d'avancer.

Il reste un certain nombre de capacités sur lesquelles la dépendance européenne est forte. Prenons l'exemple tout simplement des drones, ou celui des capacités de transport stratégique. Bref, il existe un certain nombre de capacités pour lesquelles nous restons dépendants, notamment des États-Unis, mais, si j'ose dire, nous nous soignons.

Il y a des domaines dans lesquels notre souveraineté est nationale. Elle le demeure et nous y travaillons. Je veux parler tout d'abord de la dissuasion. Nous avons engagé la réalisation du sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) de troisième génération, nous poursuivons la livraison des sous-marins nucléaires d'attaque de nouvelle génération, nous lançons le standard 4 du Rafale, qui contribue lui aussi à la dissuasion, et nous avons acquis, et continuons de le faire à un rythme accéléré, des avions ravitailleurs, qui sont l'une des conditions de la réalisation des missions nucléaires. Il y a enfin le porte-avions de nouvelle génération.

Nous avons également travaillé dans le domaine du renseignement, qui est un domaine de souveraineté nationale par essence, et j'ai indiqué tout à l'heure que nous avions l'intention de renforcer encore ce qui était déjà une priorité de la LPM.

Au-delà, on le sait, certains sujets relèvent d'un travail entre Européens. C'est le cas des grands programmes de coopération sur lesquels nous sommes investis en ce moment : le nouvel avion de combat, le char de combat du futur, le programme MALE – moyenne altitude et longue endurance –, c'est-à-dire l'Eurodrone… Tout cela doit nous permettre de réduire notre dépendance vis-à-vis de sociétés comme General Atomics, qui nous fournit aujourd'hui les drones qui survolent le théâtre sahélien par exemple. Nous n'avons pas terminé ce travail, et ce n'est pas une LPM à elle seule qui pourra le faire, mais nous sommes en bonne voie.

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