Vous le savez, les besoins de vaccins des pays du sud constituent un problème immédiat et essentiel. C'est un enjeu de solidarité, mais aussi d'efficacité et de santé publique. Or l'OMS – Organisation mondiale de la santé – nous avertit : près de 90 % des pays africains manqueront l'objectif mondial de vacciner un dixième de leur population d'ici septembre s'ils ne reçoivent pas d'urgence au moins 225 millions de vaccins. Je sais la France et l'Union européenne très impliquées dans le dispositif COVAX – COVID-19 Vaccines Global Access –, mais je sais aussi que jusqu'à présent, l'objectif fixé n'est pas atteint, d'où le récent engagement des pays du G7 à donner un milliard de doses supplémentaires, même si un flou entoure cette annonce qui est aussi, on le sait, une riposte à la Chine.
Quelle est la stratégie de la France et de l'Europe dans le temps long ? Nous connaissons le débat entre les partisans de la levée des brevets et ceux qui la refusent au nom de la protection de l'innovation. Il me paraît nécessaire de clarifier la position de la France, d'autant que le Parlement européen, en désaccord avec la Commission, s'est prononcé jeudi pour une levée temporaire des brevets afin de développer la production.
Madame la ministre, quelle est votre stratégie pour soutenir la recherche et la production vaccinale à long terme, et comment comptez-vous honorer la promesse du Président de la République, Emmanuel Macron, de faire du vaccin un bien public mondial ?