On peut toujours refaire l'histoire. À l'époque, en 2014, China CNR et CSR Corporation n'avaient pas fusionné et la part de marché des Chinois en dehors de la Chine était extrêmement faible. Certes, on aurait sans doute pu le prévoir, mais la menace n'était pas aussi importante qu'aujourd'hui. Il a fallu attendre l'année dernière pour que CRRC gagne successivement le marché du métro de Chicago, de celui de Los Angeles et du train suburbain de Philadelphie. Si en 2014, on avait posé la question de la probabilité, pour CRRC, de fabriquer le métro de Los Angeles, la plupart des gens auraient répondu qu'il n'en serait pas question avant cinquante ans !
J'avoue que le marché a changé. Mais, encore une fois, en 2014, l'alliance, comme celle qui est proposée aujourd'hui avec Siemens en matière de transport, n'était pas sur la table. Siemens ne voulait pas mettre dans le même paquet la partie « Signalisation ». Et de mon côté, il me semblait important – et il me semble toujours important aujourd'hui – d'avoir un modèle intégré. Précisément parce que de nouveaux acteurs et de nouvelles formes de mobilité émergent, nous souhaitons intervenir en tant qu'apporteur global de solutions technologiques pour l'ensemble du secteur – le véhicule, mais aussi la signalisation, la gestion du trafic, l'entretien du véhicule, l'entretien du système, l'aide à l'opération, etc. à cette époque, Siemens n'était pas disposé à mettre une telle proposition sur la table.