Intervention de Sébastien Jumel

Séance en hémicycle du lundi 8 novembre 2021 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2022 — Agriculture alimentation forêt et affaires rurales

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaSébastien Jumel, rapporteur pour avis de la commission des affaires économiques :

–, que la pêche est fragilisée par le Brexit et que la question des artisans, affaiblis par la surpêche des navires à capitaux européens qui siphonnent nos droits de pêche, reste d'une profonde actualité. Où sont les moyens humains pour contrôler systématiquement, dans nos ports, la débarque de ces chalutiers XXL dont la pêche, sitôt sur le quai, file en camion dans la nuit vers les Pays-Bas ? Où sont les moyens humains renforcés au service d'une ambition maritime retrouvée ? J'ai bien peur que le pédalo du précédent quinquennat n'ait pas largué les amarres de l'Élysée.

Que dire par ailleurs de notre enseignement public agricole dont le détricotage se poursuit depuis le début de cette législature ? Un récent rapport du Sénat a pointé le caractère essentiel de cet enseignement afin de garantir à la fois le renouvellement des générations et le développement de certaines filières plus fragiles. Depuis 2019, la fauche à la serpe de nombreux emplois a placé certains établissements dans la situation de ne plus pouvoir remplir des missions qui leur sont dévolues. En trois ans, vous avez coupé, fané 190 équivalents temps plein (ETP) dans les lycées agricoles : cinquante en 2019, soixante en 2020, quatre-vingts en 2021. Vous avez donc considérablement affaibli l'enseignement public agricole : les moyens manquent pour engager un effort indispensable de renouvellement des générations, même si j'ai noté la volonté d'inverser un peu la tendance dans le budget pour 2022.

Depuis cinq ans, la forêt connaît le même destin. Si tout le monde connaît et reconnaît le rôle de l'ONF dans la gestion durable de la forêt française, indispensable pour nous préserver des conséquences du réchauffement climatique, la privatisation rampante de l'Office continue. Depuis sa création en 1964, il a perdu 6 000 agents. Le Gouvernement n'a cessé d'affaiblir cet établissement qui gère notre bien commun et qui, si on n'inverse pas la tendance, risque d'être réduit au rôle d'agence à produire des planches pour les palettes, à moins que ce ne soit pour son propre cercueil. En 2021, suppression de 95 équivalents temps plein ; en 2022, rebelote, vous poursuivez les coupes à blanc dans les effectifs au même rythme, avec la suppression, de nouveau, de 95 ETP. C'est un scandale !

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