Il paraît que l'enfer, c'est les autres, et celui d'Emmanuel Macron en est peuplé. Les autres, pour le Président de la République, ce furent d'abord les pauvres. Pour la peine, il leur retira 5 euros d'aide au logement. Ce furent ensuite les chômeurs – pas le chômage : non, les chômeurs. Il commença par des sobriquets humiliants : « Je traverse la rue et je vous […] trouve [un emploi] » ; « les gens qui ne sont rien » ; « la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler » ; « on met un pognon de dingue dans les minima sociaux ». Puis, il fit peser sur eux une malédiction. S'ils étaient au chômage, ils devraient percevoir moins d'indemnités pour cesser d'être au chômage, tâche ardue quand il y a plus de demandeurs d'emploi que d'emplois disponibles. Mais son devoir était accompli : il fit de leur existence un enfer.
Les militants écologistes furent les suivants : le président était vexé qu'on daigne retirer des mairies son portrait frappé par la grâce. Menacé dans son pouvoir par ces autres, âgés de 16 à 25 ans et munis de pancartes colorées, il appela en renfort les CRS et fit gazer et matraquer les militants enragés.
Il fit de même avec les gilets jaunes, auxquels il appliqua à la lettre la règle « œil pour œil, dent pour dent ». Les gilets jaunes perdirent leur œil, certains leurs dents, et d'autres, plus original, leur main.
Puis, Emmanuel Macron fit entrer de nouveaux venus dans son enfer : les non-vaccinés. Il claironna dans les journaux qu'il fallait les « emmerder » et prononça leur déchéance de citoyenneté.
Jusqu'au jour où l'enfer d'Emmanuel Macron manqua de place, puisqu'il s'était mis tout le peuple à dos. Car le Président de la République ne sait pas gouverner autrement qu'en désignant des ennemis. La fonction principale d'Emmanuel Macron n'est pas de donner des grandes orientations à la nation, mais bien les grandes orientations quant aux personnes qu'il faut détester. Mais Emmanuel Macron peut se le permettre, puisque nous sommes sous la V