« Tu cours superbe, ô Rhône, florissant / En sablon d'or et argentines eaux. / Maint fleuve gros te rend plus ravissant, / Ceint de cités, et bordé de châteaux, / Te pratiquant par sûrs et grands bateaux / Pour seul te rendre en notre Europe illustre. » Ces vers ne sont évidemment pas de moi mais de Maurice Scève, chef de file de l'école lyonnaise au XVI
Au nom du groupe Mouvement démocrate (MODEM) et démocrates apparentés, mais également en tant qu'élue du département du Rhône, je me réjouis de l'examen de cette proposition de loi, fruit de plusieurs années de concertation. J'en remercie chaleureusement son rapporteur, notre cher président Patrick Mignola, qui a permis un très large consensus sur tous les bancs.
Cette proposition de loi est en effet la concrétisation d'une volonté partagée par une très large majorité des élus locaux et des parlementaires : celle de prolonger la concession du Rhône, de l'adapter aux nouveaux enjeux et de la moderniser. Par cette prolongation, c'est un modèle unique en France que nous allons préserver puisque, comme on l'a rappelé, la Compagnie nationale du Rhône s'est vu confier la concession unique du fleuve en 1934 pour remplir trois missions indissociables : la production d'électricité, le développement du transport fluvial et l'irrigation des terres agricoles. La mise en service du barrage de Génissiat, en 1948, a marqué le point de départ d'une concession de soixante-quinze ans qui arrive donc à échéance en 2023. Nous proposons dans ce texte de la prolonger de dix-huit années, soit jusqu'en 2041, car c'est un modèle qui, sans équivalent en France, a largement fait ses preuves en matière d'aménagement, au regard de sa vocation, unique à un triple titre, au service de l'intérêt général.
Unique, la vocation de la Compagnie nationale du Rhône l'est d'abord relativement à la gouvernance, la structure actionnariale garantissant une participation publique majoritaire et la pleine implication des territoires.
La vocation du CNR est unique aussi par son modèle économique solidaire : les revenus issus de la production d'électricité financent les autres activités telles que la préservation du fleuve et sa biodiversité.
Notons en outre que la CNR emploie près de 1 500 personnes et fait vivre quelque 15 000 emplois indirects. La prolongation de cette concession est donc également un enjeu de préservation d'emplois et de savoir-faire français.
Sa vocation est unique, enfin, par sa contribution environnementale. En effet, chers collègues, nous nous sommes fixé des objectifs climatiques ambitieux : porter à 40 % la part d'énergies renouvelables dans notre production électrique d'ici à 2030. En tant que producteur d'une énergie 100 % renouvelable, la CNR représente un atout indispensable pour notre combat contre le réchauffement climatique.
Le groupe Mouvement démocrate (MODEM) et démocrates apparentés soutient avec conviction ce texte et a la ferme volonté d'être aux côtés de la CNR.
Un dernier mot : à l'heure où l'énergie est plus que jamais au cœur des grands enjeux internationaux et diplomatiques, la CNR est aussi un modèle au service de notre souveraineté énergétique et un outil de notre indépendance industrielle, qu'il nous faut impérativement préserver.