La Corse est au bord d'un nouveau black-out : tel est le cri d'alarme poussé par les représentants syndicaux d'EDF en Corse. Avec une population de 350 000 habitants et une fréquentation touristique d'environ 2,5 millions de personnes durant l'été, la Corse est au point de rupture énergétique, à tel point qu'EDF a demandé, l'été dernier, à ses clients de réduire leur consommation afin d'éviter des délestages, car notre capacité de production actuelle a atteint ses limites et le coût de l'interconnexion avec l'Italie devient exorbitant.
Notre politique énergétique est à bout de souffle. Nos installations sont vétustes. C'est le cas de la centrale du Vazzio, âgée de plus de quarante ans et toujours alimentée au fioul lourd, bien que située en pleine ville d'Ajaccio. Elle est obsolète. Je suis particulièrement inquiet pour la population qui habite à côté de cette centrale, qui emploie une technologie dépassée, particulièrement polluante, dont les émissions de soufre sont nocives. Tout cela crée une situation dramatique, qui conduit EDF à déployer des stratagèmes pour éviter la coupure généralisée – à savoir l'installation de groupes électrogènes, cachés dans le maquis, pour fournir de l'électricité à toute la Corse.
Voilà où nous en sommes arrivés. Cela est tout bonnement indigne d'un pays développé. M. Édouard Philippe, qui était à Ajaccio la semaine dernière, a constaté que, trois ans après les engagements qu'il avait pris, absolument rien n'a changé. La construction de la centrale du Ricanto n'a toujours pas débuté. L'échéance, fixée à 2023, est désormais impossible à tenir. Madame la ministre, quelles solutions comptez-vous mettre en place pour remédier à cette situation ?