Intervention de Françoise Nyssen

Réunion du mardi 18 juillet 2017 à 15h00
Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Françoise Nyssen, ministre de la Culture :

Monsieur Larive, vous avez raison, il est indispensable de préserver le régime spécifique d'assurance chômage des intermittents, dans le cadre de la réforme de l'assurance chômage. Je m'y engage. Nous y travaillons en étroite collaboration avec Mme Pénicaud, ministre du Travail. C'est un système vertueux et solidaire, indispensable à la vitalité artistique.

Madame Mörch, je voulais apporter mon témoignage pour appuyer vos propos. Lors du Festival de Cannes, j'ai eu l'occasion de rencontrer des jeunes du quartier de la Bocca, avec lesquels j'ai d'ailleurs monté les marches du Palais des Festivals. Ils réalisaient un travail photographique sur la place de la femme dans le cinéma et sur le sexisme. C'était très intéressant. À chaque fois que l'on implique ces jeunes, ils vivent – et nous vivons tous – de belles émotions... Ainsi, à Avignon, dans le cadre d'une rencontre avec les centres d'entraînement aux méthodes d'éducation active (CEMEA), j'ai fait la connaissance du jeune Nacer, qui devait avoir entre dix et douze ans. Son collège accueille pendant l'été des collégiens et des lycéens et leur propose des activités culturelles. Ce jeune garçon a beaucoup insisté sur l'importance de la pratique du théâtre, en concluant ainsi – à douze ans ! : « La pratique du théâtre, par ce qu'elle nous apporte de lien et de connaissance de l'autre, est la meilleure arme contre le terrorisme. »

Madame Duby-Muller, nos établissements publics travaillent à l'intégration croissante du numérique dans la muséologie. J'ai pu le découvrir au cours de différentes visites : au sein des Micro-Folies, au musée franco-américain du Château de Blérancourt ou au musée d'arts de Nantes. C'est également un outil formidable au service de l'éducation artistique et culturelle. Je l'ai constaté au MIDEM à Cannes. Partout sur notre territoire, des start-ups développent ces technologies, à Clermont-Ferrand, Tours, ou encore à Lyon. Le numérique suscite une autre façon d'être et de vivre le travail.

Effectivement, toutes les grandes plateformes numériques sont aujourd'hui américaines. Nous devons travailler au rapprochement des sociétés européennes de l'audiovisuel public. Le fonds d'investissement que nous mettons en place permettra d'investir dans les industries culturelles. La semaine prochaine, je rencontrerai M. Nicolas Dufourcq, directeur général de la Banque publique d'investissement (Bpifrance), à ce sujet. L'enjeu est fondamental. Nous devons être attentifs et nous armer face à la suprématie des géants d'Internet. Ces « GAFAN » – pour Google, Apple, Facebook, Amazon, et maintenant Netflix, devenu lui aussi un acteur incontournable –, sont dérégulateurs et contribuent insuffisamment à la cohésion sociale, à l'économie et aux budgets de nos pays. Nous partageons cette préoccupation avec nos homologues européens. Cela ne sera pas aisé, mais nous devons tout tenter...

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.