Je ne vais pas pouvoir répondre à toutes vos questions, et me contenterai de réagir à certains de vos propos.
Monsieur, je rejoins ce que vous avez dit tout à l'heure, à savoir que nous avons toujours été meilleurs comme ensembliers que comme producteurs de composants. Il est très important d'être ensembliers. Le problème, c'est que nous l'avons été dans des domaines assez proches du régalien, c'est-à-dire la défense, l'aéronautique et l'énergie. Et c'est là, finalement, que nous avons remporté les plus grands succès.
Aujourd'hui – je ne sais pas si c'est utopique ou pas – nous sommes face à de grands enjeux systémiques.
Je reviens sur l'idée qu'entre l'horizontal et le vertical, il y aurait cette dimension de nouveaux systèmes techniques en émergence : la mobilité ; la santé ; l'énergie, avec un nouvel équilibre entre le « centralisé » et le « décentralisé » qui est en train de se chercher ; et d'une manière générale, le fonctionnement de nos villes. J'observe d'ailleurs que certaines entreprises sont assez bien placées dans les utilities, et qu'on ne les prend pas en compte quand on parle de la désindustrialisation ce qui est tout de même absurde.
Pour moi, une des questions est de savoir si l'on serait capable de faire émerger aussi – encore une fois avec des modes de recherche et d'expérimentation assez différents de ceux que l'on a connus traditionnellement – des ensembliers capables de fournir des solutions sur des sujets systémiques comme ceux-là. J'espère être clair.
Par exemple, la question des batteries est un élément du système. Et je pense qu'il serait intéressant de se dire que si l'on veut être un pays véritablement leader dans le développement d'une nouvelle offre de mobilité globale – car c'est cela qu'attendent aujourd'hui un certain nombre de grandes villes à travers le monde…