Intervention de Julien Aubert

Réunion du mardi 13 février 2018 à 17h05
Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJulien Aubert :

Le numérique, la transformation de l'État, c'est un peu la tarte à la crème de l'action publique depuis vingt-cinq ans ! Dieu sait le nombre d'échecs retentissants que nous avons essuyés lorsque l'État a souhaité instiller une culture numérique dans ses transformations. Je pense notamment à des programmes informatiques qui ont coûté très cher et se sont révélés totalement inapplicables parce que les progiciels utilisés étaient généralement faits pour le secteur privé et s'adaptaient mal à la manière de fonctionner du secteur public.

Envisagez-vous donc de réfléchir à la façon dont on a conduit ce type de chantiers au cours de ces vingt-cinq dernières années, précisément pour éviter de reproduire les mêmes erreurs, qui aboutissent généralement à un beau rapport de la Cour des comptes, expliquant que cela a coûté trois fois plus cher que prévu et que les gains de productivité n'étaient pas au rendez-vous. Il faut dire que les gains de productivité sont le plus souvent absorbés par une hausse de la qualité de service rendu au public. En fin de compte, la transformation numérique dans les modes de travail ne se traduit pas de façon flagrante par une amélioration de la qualité de vie des agents.

Ma seconde question porte sur la ruralité. En matière d'administration, il y a tout de même deux France : l'une qui a accès au haut débit, l'autre pas. Dès que l'on parle de dématérialisation, notamment des services publics, on ne peut que se poser la question de l'accès au numérique. Allez-vous l'aborder différemment en fonction des zones géographiques ?

Ne serait-il pas temps de considérer l'accès au numérique comme un service public, à l'instar du téléphone ? Aujourd'hui, le numérique, c'est comme le chemin de fer autrefois, il est essentiel à la transformation publique et à la transformation de l'action de l'administration. Il nous faut donc créer une mission de service public d'accès au numérique. Tous les Français doivent pouvoir effectivement accéder aux services de cet État 100 % numérique. Cela passerait évidemment par la désignation d'un acteur chargé de porter cette politique et par la prise en charge des coûts. N'est-ce pas cela la condition première ?

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