Notre vote sera le même que précédemment, pour le même motif : l'objectif de sincérisation.
Merci, monsieur Becht, d'avoir reposé le problème comme vous l'avez fait. Vous avez raison, mais vous parlez d'une autre époque : celle où existait le pacte de Varsovie, d'un côté, et l'OTAN, de l'autre. Ce n'est pas de cela que je parle, mais de la situation qui prévaut depuis la fin du pacte de Varsovie. Mais je ne m'embobinerai pas à aller dresser avec vous le bilan de toute cette période : cela excéderait de beaucoup le contenu du texte que nous examinons ce soir, et ce serait faire de l'histoire.
Ce serait néanmoins intéressant sur un point au moins : vous admettrez qu'il y a eu, à un moment de cette histoire, un général que ma famille politique n'a pas soutenu, mais qui a décidé, lorsqu'il était au pouvoir, que, quand bien même l'OTAN existerait, nous en sortirions. Il a fait partir les bases américaines qui étaient en France, à l'époque même du pacte de Varsovie, et il a imaginé la défense « tous azimuts ». « Tous azimuts ? », lui disaient certains ; « vous exagérez : cela veut dire tout le monde ! » « Oui, justement : tout le monde », répondait-il. « Et c'est parce qu'il s'agit de tout le monde que chacun est appelé à nous craindre et à nous respecter. » Voilà quelle était sa vision de notre indépendance. J'essaie de la transposer à la période actuelle. Croyez-moi, personnellement, je n'aurais éprouvé aucun plaisir à voir quelques troupes que ce soit, fût-ce celles du pacte de Varsovie, venir dans mon pays : à l'époque comme maintenant et à jamais, j'ai toujours eu la tête dure d'un indépendantiste !