Intervention de Thierry Gadault

Réunion du jeudi 15 mars 2018 à 9h00
Commission d'enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires

Thierry Gadault, journaliste :

Il est clair, aujourd'hui, que le débat technique est confiné au sein du système : il y a très peu d'experts indépendants. Par exemple, dans la décision sur la cuve de l'EPR de Flamanville, l'autorisation de mise en service de l'ASN a transformé le niveau de sûreté : on ne parle plus « d'exclure » le risque de rupture, mais de le « prévenir ». Or cet équipement nucléaire sous pression est essentiel, puisque c'est dans cette cuve que se fait la réaction nucléaire : la rupture doit être exclue par principe. Si elle rompt, c'est un accident nucléaire comme à Fukushima. Dire que l'on autorise cette cuve et que l'on prévient le risque de rupture, cela signifie que tout sera fait pour l'éviter, mais qu'elle peut survenir. C'est exactement comme la politique publique de prévention des accidents de la route : on sait que des accidents routiers peuvent intervenir, mais on va essayer de les éviter…

Ce faisant, l'ASN a changé la nature du risque. Avait-elle les moyens et le pouvoir de changer, avec son groupe d'experts, la nature du risque et son contrôle ? Cette question n'aurait-elle pas dû être posée publiquement et clairement à la population, à la représentation nationale et au Gouvernement ?

Nous parlons bien d'accaparement de ce débat technique parce que nous voyons bien que les conséquences peuvent être extrêmement graves et extrêmement importantes. Cette question mérite d'être posée aux autorités, à EDF et à l'ASN.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.