Intervention de Aurélien Taché

Réunion du vendredi 6 avril 2018 à 14h00
Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la république

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAurélien Taché :

Je voudrais répondre à une crainte exprimée par notre collègue Larrivé. Si cette procédure est raccourcie, il n'y aura pas, même si l'autorisation de travail était accordée plus rapidement, des milliers de demandeurs d'asile qui trouveront un emploi, car il existe bien d'autres freins. Un recruteur doit payer des taxes extrêmement élevées pour embaucher un étranger, et cela vaut aussi pour les demandeurs d'asile. Ne vous inquiétez pas : les verrous existent et ce type de mesure ne provoquera aucun appel d'air. Nous espérons que certains auront la chance de trouver un emploi mais ce ne sera pas la majorité, peut-être malheureusement

Autre gros problème de la politique actuelle d'intégration : elle met beaucoup trop de temps avant de démarrer. Dans notre système d'hébergement et d'accompagnement, tout est conçu pour maintenir les demandeurs d'asile dans une espèce d'attentisme et d'oisiveté. Ils sont dans des centres d'hébergement, ils sont pris en charge, ils ont une allocation, mais ils ne peuvent rien faire d'autre que d'attendre que la décision tombe. Actuellement, cette décision n'arrive qu'après de très longs délais. À l'avenir, ce sera moins long, certes, mais il faut absolument sortir de cette logique.

Si nous avons d'aussi mauvais résultats en matière d'intégration c'est parce que, pendant qu'ils sont dans les centres, ils ne peuvent pas apprendre le français. L'État ne donne pas de cours de français aux demandeurs d'asile avant un délai d'au moins dix-huit mois. Ils ne peuvent pas travailler. Ils ne peuvent même pas rencontrer de Français puisqu'ils sont dans cette espèce de système qui les met à l'écart. Les trois quarts des pays européens ne s'inscrivent pas cette logique : ils autorisent les demandeurs d'asile à travailler, ils donnent des cours de langues et ils ont de bien meilleurs résultats que nous en matière d'intégration.

Pour le reste des soixante-douze propositions, j'ai bien entendu ce qu'a dit Manuel Valls mais nous en discuterons peut-être dans un autre cadre pour ne pas rallonger les débats de ce soir.

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