Je voudrais apporter mon soutien à cette série d'amendements.
Pour moi, ce qui nous unit, c'est aussi notre diversité, dans toute sa richesse, avec ces histoires différentes ; nous la partageons, et cela nous permet de nous enrichir réciproquement.
Là aussi, il convient de dédiaboliser les choses. Derrière votre refus de ces amendements, on perçoit toutes les craintes qu'il peut y avoir à laisser cette manifestation culturelle et linguistique s'exprimer pleinement. D'un point de vue très pragmatique, permettre aux Français de s'exprimer dans les langues qu'ils maîtrisent ou qu'ils connaissent de par leur histoire est aussi un moyen pour eux de s'épanouir dans l'espace français. C'est ce que nous vivons en Polynésie : nous avons la chance d'avoir notre autonomie, ce qui permet une véritable reconnaissance de notre langue. Nous sommes l'un des seuls territoires au monde où la langue polynésienne est obligatoirement enseignée. Or, même dans ce contexte favorable, il existe aujourd'hui un risque d'extinction de cette langue.
Des tests ont montré que les écoles bilingues avaient un meilleur taux de réussite. Ce n'est pas pour rien. Je comprends qu'il y ait une différence entre notre histoire et celle que vous avez vécue dans l'hexagone, mais je ne crois pas qu'il faille craindre d'inscrire cette notion dans l'article 1er de la Constitution. D'une certaine manière, ne pas le faire serait un déni de ce que nous sommes. Je l'ai dit en commission : cessez de voir la France avec des oeillères ! La France d'aujourd'hui est une France riche de sa diversité culturelle et linguistique.