Intervention de Michel Herbillon

Réunion du mardi 17 juillet 2018 à 17h00
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Herbillon :

Monsieur le ministre, je vous remercie pour votre exposé. Vous avez longuement évoqué le discours de la Sorbonne du Président Macron et les différentes mesures prises par l'Union européenne. Je ne vous cache pas la déception du groupe Les Républicains. Le Président de la République a fondé son élection sur la culture du résultat et de l'efficacité, et nous sommes un certain nombre, sur tous les bancs – j'y insiste –, à avoir fondé des espoirs sur son discours de la Sorbonne. À ce propos, vous avez indiqué : « Cette ambition a su convaincre. » Mais qui a-t-elle convaincu, monsieur le ministre, au-delà des mots et d'une communication certes bien huilée ?

Nous pouvons parfaitement faire nôtres les concepts que vous avez rappelés : l'Europe qui protège, l'Europe puissance globale, l'Europe qui défend ses intérêts, l'Europe souveraine… – je m'arrête là, car j'ai, hélas ! moins de temps pour m'exprimer que le Président de la République n'en a eu à la Sorbonne. Vous faites montre d'un optimisme de la volonté que je ne peux que saluer, mais les résultats que vous avez évoqués ne sont pas à la hauteur du discours de la Sorbonne ni des espoirs qu'il a fait naître.

Vous avez cité les consultations citoyennes – que je serais le dernier à critiquer, puisque j'en étais le rapporteur pour la commission des affaires européennes –, l'adoption d'un fonds européen pour la recherche, l'amélioration de la directive sur les travailleurs détachés – qui est intervenue bien avant le discours de la Sorbonne – et l'Europe de la défense, sujet dont vous êtes familier et sur lequel vous avez sans doute travaillé lorsque vous étiez ministre de la défense. Mais nous allons de sommet en sommet. Le sommet franco-allemand de Meseberg avait pour objectif de sauver la Chancelière, qui rencontre des difficultés liées à la cohabitation au sein de son gouvernement. Quant au sommet européen sur l'immigration, l'encre du communiqué n'était pas encore sèche que le président du Conseil italien disait, avant même d'arriver à Rome, tout le mal qu'il pensait de cet accord, estimant qu'il n'était pas applicable.

Pour ce qui est des traductions concrètes que vous dites appeler de vos voeux, on les cherche le plus souvent en vain, monsieur le ministre, ce que je déplore.

Au-delà des beaux discours, pouvez-vous nous dire quels sont les résultats obtenus ? En tout état de cause, ils ne me paraissent pas être à la hauteur des défis qu'il nous revient de relever, et ne correspondent certainement pas au discours de la Sorbonne.

En quoi l'Europe est-elle aujourd'hui plus lisible pour nos concitoyens ?

En quoi ce qui s'est passé depuis le discours de la Sorbonne a-t-il permis de renforcer l'adhésion de nos concitoyens au projet européen que nous soutenons ? On constate, à chaque nouvelle élection en Europe – je pense par exemple à l'Allemagne, à l'Italie, à la Pologne ou à l'Autriche –, que ce projet semble plutôt faire l'objet d'un rejet.

Sur tous ces points, monsieur le ministre, j'espère que nous obtiendrons de votre part des réponses plus convaincantes que celles que vous nous avez fournies jusqu'à présent.

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