Ensuite, monsieur le rapporteur, si vous appelez « postures » les grands principes qui guident les choix et l'appartenance politiques, une ordonnance peut tout à fait être écrite par la technocratie, laissant de côté tout choix politique ! Pourtant, on peut, comme c'est mon cas, habiter un territoire quasi-identique à celui dont M. Lagarde est l'élu – à tel point que Gennevilliers est souvent mentionnée comme étant une commune de Seine-Saint-Denis, alors qu'elle appartient au département des Hauts-de-Seine – et être une élue locale très impliquée dans les quartiers, tout en ayant une tout autre vision politique de ce qu'il faut y faire.
Si elle était totalement appliquée et trouvait son plein exercice, l'ordonnance de 1945 continuerait de me convenir, à condition que l'équilibre entre le répressif et l'éducatif soit maintenu. Or cet équilibre n'existe pas, non seulement parce que le répressif ne trouve pas toujours des réponses adaptées – le nombre de personnes en prison explose – , mais aussi parce que l'éducatif accuse un manque très important.
Pour ce qui est, enfin, de la rapidité, je m'oppose pleinement à ce qui a été dit, d'abord parce que la rapidité est aujourd'hui une réalité – avec, lorsque c'est nécessaire, des comparutions immédiates pour les mineurs – , ensuite parce que le temps long est précisément nécessaire pour maintenir l'équilibre entre le répressif et l'éducatif et favoriser une prise de conscience, à condition, bien sûr, d'avoir pour objectifs l'insertion et le devenir adulte.