Nous soutenons cet article qui rend obligatoire l'instruction de 3 à 16 ans. Pour compléter les propos de ma collègue Danièle Obono, j'aimerais parler de mon territoire, La Réunion. Le taux d'illettrisme et d'analphabétisme y est très élevé, et beaucoup de nos enfants sortent de l'école sans savoir lire et écrire correctement. C'est un véritable handicap social, que ce soit pour trouver un emploi ou pour assurer les démarches administratives qui permettent de demander et d'obtenir des droits.
De fait, le non-recours aux droits est largement plus élevé en outre-mer que dans l'Hexagone. Il n'est pas très compliqué d'y voir un lien avec l'illettrisme, même si celui-ci n'est pas le seul facteur. Alors oui, rendre l'instruction obligatoire de 3 à 16 ans, c'est renforcer un outil d'intégration.
Cependant, le cadre doit être bien établi. Les moyens financiers et humains doivent être assurés, les établissements rénovés et adaptés aux conditions climatiques des territoires ultramarins. L'État, en un mot, doit tout mettre en oeuvre pour la réussite de nos enfants, et s'abstenir de « pondre » des lois qui donneraient de faux espoirs.
Je prendrai aussi l'exemple du département de Mayotte, où les établissements sont saturés. Le manque de moyens humains est criant ; l'État doit y pourvoir et permettre la construction, dans ce territoire, d'un nombre suffisant d'établissements pour accueillir tous les enfants : c'est là une priorité, si nous voulons que cette loi soit réellement mise en oeuvre, faute de quoi, à Mayotte, elle ne servira à rien.
Pour toutes ces raisons, nous voterons cet article, tout en soulignant la nécessité de l'assortir de moyens.