On voit bien que votre discours ne résiste pas à l'analyse. Vous dites que la SNCF va maintenir son offre jusqu'à la fin de l'année, mais ce sont bien les chargeurs qui sont en cause. Or ils ont commencé à transférer leurs activités vers la route. Au 15 juillet, factuellement, ce sera terminé, madame la ministre. La SNCF peut maintenir toute l'offre qu'elle veut pendant vingt ans : si, dans les faits, il n'y a plus rien dans les trains, ce sera terminé. Il y aura donc des milliers de camions sur les routes.
C'est ce qui va se passer, madame la ministre ! À partir du 15 juillet, nous aurons quatre-vingts camions de plus chaque jour sur les routes. Tant que vous refuserez tout amendement qui permettrait qu'enfin, les transporteurs routiers paient à leur juste niveau les dégâts qu'ils causent à l'environnement, les atteintes qu'ils portent à la qualité de l'air et l'usure des infrastructures qu'ils engendrent, une distorsion de concurrence persistera. Le 15 juillet, les chargeurs se tourneront vers le camion parce que ça leur coûte moins cher, parce que les conducteurs sont des travailleurs détachés. Ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied en payant plus cher ! Mais en réalité, ils n'acquittent pas le vrai prix : c'est nous qui payons les externalités négatives, vous le savez bien.
Nous dire que la SNCF maintient son offre, c'est de l'enfumage. On doit prendre en compte les dégâts qui sont causés par le transport routier et lui faire payer enfin le vrai prix, ce qui rendra le fret ferroviaire concurrentiel.