Intervention de Raphaël Schellenberger

Séance en hémicycle du lundi 24 juin 2019 à 21h30
Collectivité européenne d'alsace — Après l'article 1er a

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaRaphaël Schellenberger :

Quand on est attaché au Conseil de l'Europe et à la Charte européenne de l'autonomie locale, on ne peut pas accepter ce qui s'est passé en 2015. L'un des premiers principes énoncés dans cette charte, que la France a ratifiée, est que l'on ne change pas le périmètre d'une collectivité locale sans que l'exécutif et l'assemblée délibérative de cette collectivité aient, au minimum, exprimé leur opinion ou eu l'occasion de le faire. Or, en 2015, on a redécoupé les régions pour en faire de grands ensembles sans âme, sans histoire, sans cohérence, sans demander l'avis des citoyens – c'est une chose – ni même de leurs représentants que sont les élus locaux dans les conseils départementaux et les conseils régionaux.

Par ailleurs, je ne pense pas qu'il y ait aujourd'hui, en France, des minorités opprimées. L'État, la République protège tous les Français dans l'exercice de toutes les libertés. Toutefois, on ne peut pas non plus oublier que la République ne s'est pas toujours construite dans la tendresse et le respect des libertés individuelles. Si nous vivons aujourd'hui dans une démocratie apaisée, ce qui est une bonne chose, je descends, comme bon nombre de mes collègues alsaciens, de familles qui ont subi les brimades de la République sur la langue et l'identité régionales. Pensez à la difficulté que représentait pour nos familles le fait d'avoir été balancées pendant des décennies entre la légitimité à la France et la légitimité à l'Allemagne. Cela aussi, la France doit le reconnaître.

1 commentaire :

Le 29/06/2019 à 17:01, Laïc1 a dit :

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"Si nous vivons aujourd'hui dans une démocratie apaisée"

Près d'un Français sur deux ne se rend pas aux urnes lors des élections, on peut pas dire que la démocratie soit apaisée, les Français ne se sentent pas concernés, ils ne se sentent pas représentés. Ce qu'il faut à la France, ce sont des référendums pour redonner du nerf à la démocratie moribonde.

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