Intervention de Jean-Michel Clément

Réunion du mercredi 17 juillet 2019 à 9h35
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Michel Clément :

Je parlais bien du bureau de cette assemblée, madame la présidente ! Mais je ne m'opposerais pas à une telle promotion, chère Sabine !

Le groupe Libertés et territoires est favorable à l'approfondissement des relations entre la France et l'Allemagne, dont les effets ne pourraient être que positifs pour nos territoires, mais aussi pour la construction européenne. La France et l'Allemagne doivent rester le moteur de l'Union européenne, plus que jamais, afin d'impulser cette dynamique qui manque à l'Europe, notamment dans les domaines économique, environnemental, migratoire et démocratique. Cette coopération doit, selon nous, s'affirmer comme un rempart contre le nationalisme et le repli sur soi. Elle doit être une puissance d'action commune face aux menaces, tant économiques que sécuritaires, inhérentes à la mondialisation.

Les premiers mots par lesquels sont définies chacune des quinze priorités qui figurent dans le traité d'Aix-la-Chapelle sont une indication que nous ne partons pas d'une page blanche – bien des choses ont déjà commencé, qui vont se renforcer. On lira huit fois sur quinze le mot « création » ou « coopération », mais aussi les mots « renforcement », « élargissement » ou « mise en oeuvre », témoignant chaque fois d'une volonté de renforcer cette coopération, de l'enrichir et de lui donner du sens.

Le texte en est aujourd'hui au stade de la commission. Nos amis allemands sont beaucoup plus pressés que nous, et leur système institutionnel leur permet d'aller plus vite. Nous avons bien vu, dans les premières discussions que nous avons engagées, qu'ils voudraient déjà que nous soyons au travail. Cette impatience, nos règles de procédure législative nous obligent à la contenir, alors qu'ils souhaiteraient travailler sur des résolutions tout de suite. Je ne peux que me réjouir d'une telle démarche.

Pour autant, il faudra être prudents, car la coopération n'est pas toujours aussi facile à concrétiser qu'on le voudrait. On le voit bien, depuis la signature de ce traité fin janvier. Elle peut être confrontée aux règles européennes, notamment en matière de concurrence. L'échec du projet de fusion entre Alstom et Siemens en est une illustration. Plus récemment, les tensions qui ont marqué la désignation du chef de l'exécutif européen ont montré les difficultés de la France et de l'Allemagne à coopérer sur certains sujets. Nous devons donc être à la fois volontaires, pour afficher cette union renforcée entre la France et l'Allemagne, et prudents quant au rythme auquel avancer, pour que tout cela soit effectivement bien compris par nos concitoyens – c'est un point fondamental. Le groupe Libertés et territoires votera l'autorisation de ratification du traité.

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