Intervention de Gwenn van Ooteghem

Réunion du mardi 9 juillet 2019 à 17h00
Commission d'enquête sur la situation et les pratiques de la grande distribution et de ses groupements dans leurs relations commerciales avec les fournisseurs

Gwenn van Ooteghem, Directeur des achats marques nationales Intermarché :

Oui, nous avons un outil industriel. Il n'est pas au sein de la Direction. Cela ne veut pas dire que j'ignore complètement ce qui se passe, mais précisément, je pense qu'il y a une transparence importante et qu'il y a des vrais engagements de nos usines vis-à-vis du monde agricole. Je pense qu'il y a beaucoup de preuves dans la presse par rapport à cela. Et du coup l'acheteur MDD sait exactement où va la répartition de la valeur ajoutée.

Ce qui me fait rebondir sur le second sujet. Je trouve que c'est un sujet compliqué. Ce n'est pas parce que l'on est acheteur que l'on n'est pas citoyen. Ces questions-là, de toute façon, un distributeur doit se les poser et les mettre en place concrètement. Parce que demain, le client ne fera pas ses courses chez un distributeur qui n'aura pas des notions de qualité environnementale et de juste répartition de la valeur ajoutée. Au-delà du prix qu'est prêt à payer le client, je pense que tout le monde vous a parlé des statistiques.

Ce sont des questions qui sont compliquées, parce que je pense que de part et d'autre, nous ne sommes pas encore bien outillés là-dessus. On ne subit pas. On a une vraie vision, une vraie transparence sur le prix payé à la production. C'était le cas de certaines multinationales qui dans leurs tarifs, dans leurs CGV (conditions générales de vente), nous ont dit quel prix elles payaient à la production en 2018 et quel prix elle s'est engagée à payer à la production 2019. Quand ce n'était pas dans les CGV, on a réussi au plus haut niveau de certaines de nos entreprises, à avoir des engagements. À partir du moment où un communiqué de presse part et qu'il est diffusé au monde agricole qui traite directement avec ses transformateurs, pour nous, il y a totale transparence. Donc, on y va.

Sur le reste, cela peut être plus compliqué. Parfois parce que les industriels ont du mal à faire confiance. On n'est pas en défiance particulière par rapport aux industriels, on se connaît, et même quand on ne s'entend pas, on se respecte. Mais certains industriels ont parfois du mal avec cela. C'est peut-être l'exception culturelle française par rapport à d'autres pays. Et puis ils ne sont pas outillés.

Pour certains, nous avons essayé. Notamment sur les pâtes, pour le blé dur français. On a fait un rendez-vous. On a posé plein de questions sur les engagements, sur la façon dont c'était calculé, comment on avait la garantie que cela allait dans le monde agricole. On n'a pas réussi cette année. J'espère que l'industriel sera mieux équipé l'année prochaine, mais il faut absolument des informations plus précises.

Je pense que vous avez peut-être un rôle à jouer là-dedans, sur au moins certaines informations – je ne dis pas toutes les informations parce que je comprends que l'on ne peut pas tout délivrer – notamment les informations qui sont présentes sur les CGV des fournisseurs. Cela permettrait de voir clair.

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