Intervention de Frédéric Reiss

Séance en hémicycle du mardi 29 octobre 2019 à 21h30
Projet de loi de finances pour 2020 — Enseignement scolaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaFrédéric Reiss :

Le projet de budget pour l'enseignement scolaire semble conforme aux grandes orientations annoncées dès 2018 : priorité au premier degré, réforme du lycée et du baccalauréat, école inclusive, orientation repensée, acquisition des fondamentaux consolidée, éducation artistique et culturelle stimulée, école des valeurs mobilisée, le tout à l'ère du numérique. Un bémol : en ce qui concerne l'attractivité du métier de professeur, vous vous contentez de voeux pieux.

Monsieur le ministre, je vous ai interpellé en commission sur plusieurs points, et je vous remercie pour les réponses très complètes que vous m'avez apportées. Aussi n'évoquerai-je ni le désarroi des enseignants en centres de formation d'apprentis – CFA – , ni l'avenir du Conseil national d'évaluation du système scolaire, le CNESCO, ni la réforme du baccalauréat et les combinaisons d'enseignements de spécialités en classe de première.

Vous avez dit, monsieur le ministre : « Dans la société du XXIe siècle, la fonction professorale doit prendre un sens nouveau. [Cela passe par] la personnalisation de la carrière du professeur ». Nous ne pouvons que souscrire à ces propos. Toutefois, lorsque vous affirmez que les personnels doivent exercer à vingt minutes de leur domicile, je vous réponds qu'il y a encore du chemin à faire !

Je vous crois sincère, monsieur le ministre, lorsque vous vous engagez à créer un statut pour les directeurs d'école. J'espère que cette anomalie du système scolaire français sera corrigée, afin que les directeurs, qui sont les leaders pédagogiques de leur école, puissent enfin surmonter la crise de défiance actuelle, crise doublée d'un sentiment d'abandon par notre administration.

Consulter les organisations syndicales, c'est bien, mais n'oubliez pas le terrain : je pense au groupement de défense des idées des directeurs d'école, le GDID, ainsi qu'aux idées dont m'ont fait part certains directeurs en leur nom personnel, concernant les élections au conseil d'école, les doublons numérique et papier, les signalements d'absence, les évaluations en CP ou encore les vaccins obligatoires.

La détérioration des conditions de travail des directeurs s'est considérablement accrue, aussi est-il important d'agir.

Les personnels de direction sont souvent livrés à eux-mêmes face à la violence qui gangrène l'institution scolaire : un sur deux déclare avoir été insulté au moins une fois, un sur quatre harcelé, un sur dix bousculé, et même trois sur cent frappés. Ces chiffres, provenant de l'académie de Lyon, font froid dans le dos.

Le 27 août dernier, monsieur le ministre, vous avez annoncé différentes mesures pour lutter contre les violences scolaires ; elles ont tardé du fait du pilotage interministériel, mais aujourd'hui le protocole d'accompagnement et de responsabilisation des parents, les conseils de discipline simplifiés, la présence de forces de police aux abords de certains établissements ou le référent départemental violence en milieu scolaire sont autant de réponses à ce fléau.

La rentrée a été marquée par la montée du communautarisme et du fondamentalisme religieux. Vous avez adopté une position courageuse en déclarant que la loi n'interdisait pas aux femmes voilées d'accompagner les enfants, mais que vous ne souhaitiez pas encourager le phénomène. Lors de l'examen du projet de loi pour une école de la confiance, la majorité a rejeté les amendements présentés par le groupe Les Républicains et visant à interdire le port du voile lors des sorties scolaires. Êtes-vous néanmoins prêt à aller plus loin, en publiant une nouvelle circulaire pour clarifier la situation ? Cela s'impose d'autant plus que le Président de la République a déclaré : « Le port du voile dans l'espace public n'est pas mon affaire. [… ] »

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