Intervention de Olivier Falorni

Séance en hémicycle du mardi 29 octobre 2019 à 21h30
Projet de loi de finances pour 2020 — Enseignement scolaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaOlivier Falorni :

L'école de la République n'est pas aisée à réformer, tant les espoirs à son sujet sont grands. L'école que nous construisons aujourd'hui nous dit beaucoup de la société de demain. Aussi, si un projet de budget doit recevoir toute notre attention, c'est bien celui de l'enseignement scolaire. Dès lors, nous ne pouvons que nous satisfaire de constater que les crédits de la mission sont en augmentation – de 1,9 % pour les autorisations d'engagement, de 1,75 % pour les crédits de paiement.

Le Gouvernement a fait de l'école élémentaire sa priorité, avec deux grands objectifs : l'élévation du niveau général et la réduction des inégalités. En cohérence avec cette orientation, la loi pour une école de la confiance a été adoptée cette année pour faire de l'école maternelle un levier d'égalité, l'âge de l'instruction obligatoire ayant été abaissé à 3 ans. Aussi la hausse des crédits consacrés à l'enseignement du premier degré doit-elle être saluée – et je la salue : elle était nécessaire.

Nous rappelons toutefois qu'il reste à satisfaire intégralement au principe de compensation pour les communes. Le groupe Libertés et territoires réitère l'expression de son inquiétude au sujet de l'incidence financière de cette mesure sur l'ensemble du territoire.

L'allégement des effectifs répond aussi à l'objectif d'égalité. Depuis juin 2017, les classes de CP et CE1 sont dédoublées dans les réseaux d'éducation prioritaire, REP et REP+ – mesure extrêmement importante, dont les effets positifs commencent à apparaître. Nous saluons ces résultats encourageants et souhaitons que les efforts soient maintenus, notamment là où les besoins sont les plus importants – en Guyane ou en Seine-Saint-Denis par exemple, où le manque de place ne permet pas toujours que les classes soient dédoublées.

Cependant, nous craignons que les crédits prévus ne soient pas suffisants pour soutenir les mesures annoncées, qui supposent de nombreuses créations de postes. En effet, 6 000 postes supplémentaires sont nécessaires pour étendre le dispositif du dédoublement des classes aux grandes sections maternelles du réseau d'éducation prioritaire ; le plafonnement à vingt-quatre élèves des classes de grande section, CP et CE1 demanderait quant à lui la création de 3 000 à 4 000 postes. Nous exprimons donc notre inquiétude sur ce point, monsieur le ministre, puisque vous estimez que le solde d'emploi devrait être nul, avec autant de créations d'emplois que de départs, à savoir une augmentation de 140 emplois dans le premier degré public et une diminution d'autant dans le second degré.

Les crédits consacrés à la formation des personnels enseignants sont un deuxième objet d'inquiétude, puisqu'ils diminuent de 3,45 %, alors que l'objectif premier du Gouvernement est, comme nous l'avons dit, d'élever le niveau général des élèves. Cela me conduit à rappeler dès maintenant qu'améliorer les conditions de travail des enseignants, en particulier des directeurs d'école, est une urgente nécessité. Le drame survenu au mois de septembre dans une école de Pantin ne doit pas se reproduire et doit nous alerter sur les conditions difficiles du personnel éducatif et sa solitude.

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