Intervention de Stéphane Viry

Réunion du mercredi 20 novembre 2019 à 17h30
Commission des affaires sociales

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaStéphane Viry :

Madame la ministre, votre prise de parole était attendue par les membres de cette commission et plus généralement par les députés après les annonces médiatiques qui nous sont apparues comme incongrues et maladroites lors des débats en première lecture du PLFSS. Elles ont conduit à des crispations et des blocages, vous le savez, et nos collègues sénateurs ont eu une réaction légitime face à la situation dans laquelle le Gouvernement a placé le Parlement.

La première version du PLFSS ne laissait aucune marge de manoeuvre, problème aggravé par les non-compensations et par le niveau de l'ONDAM hospitalier que nous avons combattus.

Vous avez annoncé une réforme systémique des retraites mais s'il y a une autre réforme systémique à entreprendre, c'est bien celle de l'hôpital public. Chacun s'accorde sur le constat, il faut désormais apporter des réponses.

Vous avez évoqué des années de statu quo mais je crois me souvenir que, lors du quinquennat 2007-2012, un plan de 10 milliards a été consacré à l'hôpital public pour lui permettre d'aller de l'avant.

Face à la crise à laquelle nous sommes confrontés, vous apportez des éléments de réponse à travers les annonces de ce matin. Toutefois, j'observe, sauf erreur de ma part, qu'il s'agit du quatrième plan relatif à notre système de santé en deux ans. On n'y voit pas très clair dans ce qui tient davantage du rafistolage que de l'ambition que nous appelons de nos voeux.

Nous considérons que le retour des médecins dans la gouvernance est de bon augure. Il nous apparaît légitime que la communauté médicale puisse être associée à certaines décisions. Nous approuvons également les mesures contre les mercenaires de l'hôpital.

Pour le reste, j'estime que ce plan vise davantage à apaiser la colère qu'à refonder l'hôpital public. En outre, il ne concerne que l'hôpital alors que c'est l'ensemble de notre système de santé qui est en crise.

Vous allez réajuster l'ONDAM, fort bien. Il ne s'agit en réalité que de la correction d'une erreur initiale. La dynamique des dépenses de santé est de 4,4 % alors l'ONDAM ne va progresser que de 2,4 % : nous sommes bien loin du compte.

Quant aux primes, elles tiennent soit du saupoudrage soit de la discrimination, puisque l'ensemble des personnels hospitaliers n'en bénéficient pas.

Bref, ces mesures semblent être une solution de court terme, bien éloignée des ambitions que le groupe Les Républicains nourrit pour l'hôpital.

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