Intervention de Matthieu Schuler

Réunion du jeudi 7 novembre 2019 à 10h10
Mission d'information sur l'incendie d'un site industriel à rouen

Matthieu Schuler, directeur de l'évaluation des risques :

Par rapport à la question de la modélisation de l'évènement, je pense qu'il y a deux choses distinctes. Quand les installations sollicitent l'autorisation d'être créées, il y a très probablement des modélisations ou des scénarios qui sont faits ex ante, qui vont considérer que l'ensemble du terme source ou des matières dangereuses est dispersé par des mécanismes d'incendie ou encore plus énergétiques, de type explosion. On appelle ça « boiling liquid expanding vapor explosion » (BLEVE).

Mais ce qui est important, dans une situation comme celle de l'incendie « Lubrizol », c'est qu'à un moment donné, de toute façon, il faut être capable de faire une modélisation qui va être proche de la situation réelle. Vous n'aviez pas l'ensemble du stock qui a brûlé, c'est un atelier particulier, c'est un mode de dispersion qui est l'incendie et c'est une météorologie qui est spécifique. Pour l'avoir fait dans d'autres contextes, la météo a évidemment un rôle très important sur la dispersion.

Disposer d'une capacité de modélisation comme l'INERIS, sur les incendies ou les accidents d'usines chimiques est très important, parce que quand bien même on le ferait ex ante, ce serait plutôt une question de dimensionnement des moyens de secours ou d'urgence. Sur une situation réelle, il faut pouvoir disposer d'une modélisation ad hoc et ensuite pouvoir faire des allers-retours entre cette modélisation et les mesures, puisque c'est là que l'on va pouvoir faire le recollement.

C'est le travail que j'évoquais tout à l'heure, que l'on doit encore terminer, sur comment on met en perspective la répartition à la fois temporelle, mais aussi spatiale, de la dispersion du panache telle qu'elle a été modélisée avec ce que nous racontent les prélèvements.

Rapidement, sur le lait maternel, nous n'avons effectivement aperçu que très récemment ces éléments, hier, en l'occurrence. Aujourd'hui, trois points nous posent question par rapport à ces prélèvements. D'une part, ce sont des matières qui sont très volatiles. Effectivement, on peut imaginer que des substances de ce type ont été émises dans le panache initial, mais encore une fois, nous ne sommes pas au bout du travail consistant à identifier quelle est la signature des retombées de l'incendie. Je ne peux donc pas encore faire ce lien-là. Ce qui nous a surpris dans les premiers échanges informels que nous avons pu avoir avec Santé Publique France et la DGS, c'est le fait que ces prélèvements aient été faits longtemps après le passage du panache. En termes d'interprétation, nous n'avons pas déployé d'expertise, mais nous avons noté ces points. Du coup, cela renvoie simplement effectivement à un passage de relais qui doit se faire entre l'ANSES et Santé Publique France. Il faut que nous terminions notre analyse de spatialisation des dépôts, pour savoir quels types de contaminants ont été mesurés dans les aliments, dans les fourrages, etc. Je pense que c'est un résultat qui est très attendu, notamment par Santé publique France, pour ensuite savoir si et comment ils mettent en place une étude de type bio surveillance.

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