Intervention de Jean-Yves le Drian

Réunion du jeudi 26 octobre 2017 à 15h00
Commission élargie : finances - affaires économiques - affaires étrangères

Jean-Yves le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères :

La question qui me frappe le plus est celle de M. Maire sur la paupérisation, rejointe par d'autres interventions sur la manière dont nous pourrons tenir dans la durée, y compris celle de Mme Autain.

Nous avons enrayé une logique de réduction des crédits affectés au ministère des affaires étrangères qui durait depuis très longtemps. Je ne ferai pas le concours de celui qui a réduit le plus. En tout cas, cette logique est enrayée. Et je ne me sens aucunement engagé, madame Autain, pour 2019 : je défends le budget pour 2018. Fort de ma longue expérience parlementaire et ministérielle, je défends un budget l'un après l'autre.

La situation décrite par M. Maire n'est pas acceptable, je la prends telle qu'elle est, il faut se redresser. Je ne suis pas convaincu d'une baisse de moral ; je pense que l'ensemble du personnel diplomatique a la volonté d'agir et ressent un grand attachement à notre pays et à sa mission. Mais évidemment, lorsque l'on offre des perspectives, les choses vont beaucoup mieux…

S'agissant des deux mesures radicales qu'il propose, je ne peux pas répondre sur la première, parce qu'il faut en apprécier la faisabilité, mais je partage totalement sa proposition sur la mise en réseau, y compris le renoncement au double réseau. Quand je parlais de simplifier, c'était aussi dans cet état d'esprit : il faut sortir de la complexité pour aller vers la lisibilité et la simplicité. C'est parfois la chose la plus difficile à faire tant il y a de résistances, mais je suis tout à fait d'accord avec cet objectif.

L'initiative parlementaire que vous voulez prendre peut aussi intégrer cette donnée. Si vous souhaitez prendre cette orientation, je ne peux qu'applaudir et je suis à votre disposition pour vous fournir des arguments. Cela dit, je souhaite que vous puissiez vous déplacer le plus possible et vous rendre compte sur place à la fois de la qualité de l'action de nos services et des difficultés qu'ils peuvent rencontrer en cette période extrêmement tendue sur le plan international – nous n'avons jamais connu pareille situation depuis la guerre froide. C'est par la force de sa présence diplomatique que la France pourra jouer tout son rôle face à cette nouvelle donne internationale. Du fait du contexte actuel, de la situation aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, etc., c'est la France que l'on attend.

Madame Kuric, je crois avoir déjà répondu à d'autres intervenants qui m'ont eux aussi interrogé sur Atout France. Jean-Baptiste Lemoyne et moi-même avons diligenté une mission, qui rendra ses conclusions avant la fin de l'année, et qui a pour objectif de rechercher un dispositif de financement innovant afin de stimuler la promotion touristique. J'entends bien que toutes les destinations ne sauraient se limiter à la capitale ou aux grands sites ; elles sont au contraire territorialisées, régionalisées, elles intègrent des paramètres différents tout en stimulant par l'unicité du projet touristique. Je crois que c'est un élément important pour l'attractivité.

Madame Tanguy, je ne suis pas en mesure de vous indiquer de manière précise quelles sommes sont affectées pour les six pays balkans occidentaux ; je vous enverrai une réponse écrite. Toutefois, je peux d'ordre et déjà vous dire que nous sommes acteurs dans le processus dit de Berlin. Pendant l'été, une rencontre importante a eu lieu à Trieste, sous présidence italienne, avec les chefs d'État et de gouvernement des six pays concernés. La Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD) apporte un accompagnement spécifique sur ce sujet car il est nécessaire de lutter contre certains trafics liés à la diffusion d'armes légères sur l'ensemble du territoire lors des anciens conflits qui ont meurtri cette région, mais également d'éliminer les mines résiduelles. Enfin, l'Agence française de développement (AFD) apporte un accompagnement classique sur les projets que les pays concernés peuvent proposer. Un sommet réunissant ces pays Balkans et l'Union européenne aura lieu très prochainement qui traitera aussi de cette problématique.

Monsieur Herbillon, je maintiens ce que j'ai dit tout à l'heure à propos de ces 2 millions d'euros. Je me souviens bien avoir pris cette décision pour la DCSD. Je vous propose de rencontrer ma collaboratrice à l'issue de cette réunion afin qu'elle vous explique comment cela se traduit techniquement.

S'agissant de l'immobilier, je suis d'accord ; mais cela n'interdit pas la souplesse lorsque des terrains ou des bâtiments qui ne présentent aucun intérêt particulier sont disponibles et qu'une opportunité se présente.

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