Monsieur Mélenchon, vous qualifiez d'abominable la différenciation territoriale que vous nous reprochez d'avoir voulue, mais vous vous apprêtez à voter des amendements qui en inscrivent le principe dans le marbre de la loi ! En effet, s'ils étaient adoptés, nous continuerions d'échanger avec les maires et les préfets sur tout le territoire national, sauf en Corse : la voilà, la différenciation. Or non seulement cela ne fait pas partie de mes valeurs, mais, en pratique, cela ne correspond pas à ce qui nous a permis de réagir précocement à la situation de crise sur l'île et de la gérer efficacement.
Je veux enfin lever toute ambiguïté sémantique. La distinction, certes déplaisante pour l'esprit, entre territoire national et Corse est le fruit de nombreux échanges avec le Conseil d'État. S'agissant des mesures d'isolement des personnes entrant sur le territoire, si elles arrivent de l'extérieur sur le continent, c'est nécessairement depuis l'étranger, d'où la mention du territoire national ; mais, si elles arrivent de l'extérieur en Corse, elles peuvent venir de l'étranger ou du continent, d'où la mention de la Corse. Cette formulation, loin d'avoir pour objet d'exclure sémantiquement la Corse du territoire national, ne vise qu'à protéger les Corses. Nous tenons à la Corse, et nous tenons à ce que cela continue.