Intervention de Clémentine Autain

Séance en hémicycle du jeudi 9 juillet 2020 à 15h00
Projet de loi de finances rectificative pour 2020 — Explications de vote

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaClémentine Autain :

Pour le groupe de La France insoumise, le monde d'après devait commencer maintenant. Or nous retrouvons dans ce budget l'état d'esprit qui a présidé aux budgets des dernières années : nous ne constatons aucune inflexion qui aurait permis d'envoyer un signal dans le pays, et nous regrettons que les familles les plus en difficulté ne trouvent pas, dans ce budget, d'aide véritable, substantielle et nouvelle. Nous regrettons que dans le moment de crise que nous traversons, vous refusiez de toucher à des mesures symboliques qui représentent elles aussi un manque à gagner pour l'État, comme votre réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune. De même, nous regrettons qu'il n'ait pas été possible de voter d'autres mesures symboliques qui auraient permis d'entraîner ce budget de l'État dans une voie sociale et écologique – en particulier, la taxe de 4 % sur les dividendes proposée par la convention citoyenne pour le climat, qui aurait permis d'enclencher la transition écologique. Là encore, nous ne voyons rien venir dans ce budget rectificatif.

Nous avons aussi des inquiétudes très concrètes. Je ne les détaillerai pas toutes maintenant, alors que le sujet a fait l'objet de nombreuses heures de discussion, mais je voudrais évoquer les départements, qui sont parmi les parents pauvres de ce budget. En effet, les départements gèrent le RSA, le revenu de solidarité active, alors qu'un afflux important de nouveaux demandeurs s'annonce. Or il n'existe pour l'heure pas de soutien concret aux départements, mais des avances – et ce ne sont pas les avances qui permettront de tenir face à la récession économique à venir.

Il n'y a donc pas d'inversion de tendance. Nous l'avons dit cet après-midi, sans que de véritables échanges ou un vrai débat permettent de mesurer l'ampleur des divergences et la diversité des choix possibles. Il est impossible, selon vous, de taxer les dividendes, le profit, les hyper-riches, pour assurer l'amélioration du bien commun et de la solidarité. Cette logique ne figure pas dans ce budget, pas plus qu'elle ne figurait dans les précédents. Vous êtes enfermés dans les dogmes néolibéraux et dans l'austérité budgétaire. Celle-ci contraint l'effort national qui aurait dû être accompli face à la crise sanitaire et aux effets du confinement tel qu'il a été géré. C'est pourquoi, en toute cohérence, nous voterons contre ce budget.

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