Intervention de Michel Zumkeller

Séance en hémicycle du lundi 9 novembre 2020 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2021 — Écologie développement et mobilité durables

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Zumkeller :

Enfin, entre 2013 et 2018, 20 % seulement des habitats d'intérêt communautaire se trouvaient dans un état de conservation satisfaisant. Ces quelques chiffres dressent le constat implacable de l'efficacité relative de nos politiques publiques en matière environnementale depuis quelques décennies.

Il y a un paradoxe dans notre pays : en dépit de la prise de conscience collective de la nécessité de préserver notre planète, la transition énergétique menace d'être un facteur de fracture sociale et territoriale, pour deux raisons : la crainte de la hausse du prix des énergies, et le manque de perception d'un grand projet de société. Dans certains de nos territoires, la transition énergétique n'est perceptible qu'au travers de l'installation de champs d'éoliennes et de la hausse des taxes environnementales, sans que les bénéfices de cette transition ne soient directement palpables.

C'est pourquoi le groupe UDI et indépendants souhaite saluer le travail réalisé dans cette mission, avec plusieurs dispositifs comme MaPrimeRénov', le chèque énergie ou encore l'aide à l'acquisition de véhicules peu polluants. Ces solutions concrètes permettent aux citoyens d'enclencher leur propre transition énergétique. Plus que jamais, nous devons concilier efforts environnementaux et équilibre social afin de ne plus opposer la fin du mois et la fin du monde.

Après la suppression l'an dernier du CITE pour les neuvième et dixième déciles, qui représentent plus de 49 % de l'effort financier, je ne peux que me réjouir de l'élargissement du dispositif MaPrimeRénov' à l'ensemble de la population, y compris les particuliers bailleurs les plus aisés. L'année dernière, nous avions en effet déjà demandé un CITE sans conditions de revenus, qui s'adresserait donc à tous les bailleurs. Mais les financements alloués sont aujourd'hui bien trop faibles pour atteindre l'objectif du Gouvernement de 500 000 rénovations énergétiques par an. Nous proposerons donc d'augmenter le budget correspondant.

Concernant l'hydrogène, après avoir regretté l'an dernier des montants insuffisants – 100 millions d'euros par an – notre groupe se réjouit de la nouvelle stratégie présentée en septembre dernier et dotée de 7 milliards d'euros. Nous sommes sur la bonne voie ; les documents budgétaires devront en rendre compte. Sur ces deux sujets, rénovation énergétique et hydrogène, nous nous réjouissons d'avoir enfin été entendus après vous avoir alertés pendant plus de deux ans.

Nous souhaitons par ailleurs attirer votre attention sur le budget de l'ADEME, en baisse pour la troisième année consécutive alors que l'Agence est chargée de concrétiser les objectifs ambitieux du Gouvernement en termes de transition énergétique. Au moment où celle-ci devient une priorité de la lutte contre le réchauffement climatique, nous nous étonnons de ce choix.

Enfin, concernant la pollution plastique, nous défendons une taxation incitative visant à encourager l'incorporation de plastique recyclé et à diminuer l'usage de ce matériau. La Nouvelle-Calédonie s'est engagée dans une véritable démarche de sortie du plastique à usage unique. Inspirons-nous de sa réussite collective. Pour des raisons de formes, les amendements que nous avons déposés dans cette optique seront discutés lors de l'examen des articles non rattachés.

En conclusion nous considérons que ce budget va globalement dans le bon sens mais que nous devons amplifier encore nos efforts. Le récent rapport sur l'état de l'environnement en France doit nous interpeller. Les efforts menés ces dernières années restent insuffisants : sur les neuf critères définis – les « limites planétaires » – nos résultats se trouvent dans le rouge, même si les indicateurs s'améliorent. L'urgence de la situation nous oblige à agir vis-à-vis de nos concitoyens et à rechercher des solutions transcendant les logiques partisanes. « Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants » disait Antoine de Saint-Exupéry. Les changements nécessaires à la protection de notre planète nous obligent à travailler collectivement et intelligemment pour faire face à l'enjeu de notre siècle. Le groupe UDI et Indépendants s'y emploiera tout au long de ces débats.

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