Par ailleurs, il nous faut agir dans le monde tel qu'il est, en lien avec les réalités : s'il existe des zones tendues, cela ne veut pas dire qu'il faut abandonner les territoires où la demande de logement s'exprime moins fortement et où un certain nombre de personnes, notamment les primo-accédants, accèdent effectivement à la propriété grâce à des dispositifs comme le PTZ, dont la suppression pourrait à l'avenir compromettre ce parcours.
La première question soulevée par la politique du logement dans notre pays, c'est tout de même celle des zones tendues : des gens – des agents de l'Assemblée nationale ou vos propres collaborateurs parlementaires en font peut-être même partie – doivent passer trois quarts d'heure, une heure voire une heure et demie dans les transports en commun pour aller se loger bien loin de l'endroit où ils travaillent. Force est de constater qu'un soutien particulier est nécessaire dans les zones très tendues, c'est-à-dire les très grandes communes, les métropoles et d'autres lieux très particuliers de notre territoire ; c'est d'ailleurs pour cela qu'on a zoné à plusieurs reprises la politique du logement. Il faut concentrer la dépense, notamment les incitations fiscales, sur ces lieux très concentrés. Le principe même de la politique des territoires prioritaires, c'est que certains territoires sont prioritaires et d'autres le sont moins.
Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas, par ailleurs, réfléchir à une politique globale du logement. C'est, me semble-t-il, ce qui a manqué à votre débat de cet après-midi, monsieur le rapporteur général, mesdames, messieurs les députés : il faut prendre les dispositifs relatifs au logement comme un tout et ne pas considérer seulement le PLF et les mesures fiscales.