Il faisait état de 6 500 morts parmi les migrants travaillant sur les chantiers. Il m'est revenu à l'esprit un commentaire de la Bible datant du XIIe siècle sur la construction de la tour de Babel, qui se faisait brique par brique : lorsqu'une brique tombait, le chantier s'arrêtait pour que l'on batte l'ouvrier insuffisamment précautionneux ; lorsqu'un ouvrier tombait et mourait, le chantier ne s'arrêtait pas et l'on faisait appel à un nouvel esclave. Cette histoire, celle de la valeur accordée à la vie humaine et à la brique, à l'ouvrier et à la matière, reste éternelle.
Je n'ai pas de doute, monsieur le secrétaire d'État, sur la position de la France : sa voix est universelle, écoutée et attendue. J'ai souhaité vous interroger devant la représentation nationale car l'émotion populaire est à son comble. On ne peut pas imaginer, au XXIe siècle, jouer au football sur un cimetière. Les êtres se reposent dans un cimetière : ce n'est pas un lieu où l'on fait du sport. Ce dernier charrie des valeurs d'entraide, de solidarité, d'universalité et d'humanité. C'est la raison pour laquelle, je vous pose solennellement, avec tous mes collègues du groupe Agir ensemble et, je le pense, l'ensemble de la représentation nationale, la question suivante : quelle est la position de la France sur ce sujet tragique ?