Il s'agit ici aussi d'une demande d'expérimentation. Nous voudrions que soit mise en place une formation pour les accompagnants des élèves en situation de handicap avant la prise en charge d'un élève. Au-delà, j'appelle votre attention sur l'urgence de la situation des AESH. D'un côté, je le vois à Amiens, des gens se sont formés à l'autisme et autres handicaps sur le terrain ou se sont formés eux-mêmes grâce à internet, et, au bout de quelques années, ils abandonnent, par désespoir d'être payés 700 ou 800 euros par mois avec des temps partiels contraints. Sur le plan matériel, ce métier apporte peu de satisfaction alors qu'il en apporte par son utilité, au jour le jour, pour les enfants : on les voit évoluer, on les aide…
Or la mise en place des PIAL est partout dénoncée. J'étais encore le week-end dernier à Lyon où des AESH m'ont alerté : on leur demande de mutualiser leur activité, de faire du saute-mouton d'un élève à l'autre, d'une classe à l'autre, voire d'un établissement à l'autre. Et ce qui leur restait de leur goût du travail, à défaut d'être bien payés, à défaut d'avoir un temps complet, ce qui leur restait de souci du travail bien fait, on le gâche uniquement parce que, comme le nombre de demandes d'accompagnement en MDPH est en hausse et qu'on n'augmente pas d'autant les effectifs, on mutualise les tâches.
Cette pratique provoque chez les AESH le dégoût de leur travail qu'ils ont en effet le sentiment de mal faire. Je tiens donc vraiment à alerter le Gouvernement sur l'instauration de ces PIAL, bien souvent contre le gré des équipes éducatives, des AESH en particulier.