Intervention de André Chassaigne

Réunion du mercredi 23 septembre 2020 à 9h10
Commission de la défense nationale et des forces armées

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAndré Chassaigne :

En premier lieu, en tant que communiste athée très respectueux des religions, je considère que la présence des représentants des cultes dans les armées constitue un élément positif. La mission qui leur incombe est importante.

Ma première question porte sur les faits religieux dans l'engagement militaire. J'entends par « faits religieux » le port de signes religieux (voile, kippa, croix apparente, etc.), la demande d'absence pour fêtes religieuses, le temps de prière, voire le prosélytisme, voire encore la volonté de sélectionner les personnes avec lesquelles on peut agir, etc. Rencontrez-vous des cas de faits religieux qui remettent en cause l'engagement et le bon fonctionnement de l'unité ? Le cas échéant, quel serait alors votre rôle spécifique face à de tels problèmes ?

Ma seconde intervention porte sur la pratique religieuse. Le sujet me semble important. Les sociologues estiment qu'il existe quatre faits religieux.

Ils répertorient d'abord le fait religieux « invisible ». Cela signifie qu'un soldat accepte ou se résout à prendre de la distance avec les prescriptions, les rites, les traditions de sa religion. Il adopte une forme de posture de renoncement qui peut créer une frustration, face à laquelle vous avez probablement un rôle à jouer.

Ensuite, ils identifient le fait religieux « normalisé ». Dans ce cas, la loi et la pratique religieuse du soldat sont connues par ses collègues, par ses supérieurs et ce fait n'entraîne ni dégradation des interactions ni aliénation de son rôle militaire. Bref, un fait religieux qui assure une forme de normalité des pratiques presque « étiquetée ».

Le troisième cas évoqué par les sociologues consiste en un fait religieux « déviant » dans lequel le soldat est confronté à une situation un peu contradictoire ; il est tiraillé entre son rôle professionnel de soldat et ses convictions religieuses. Il peut être amené à percevoir les prescriptions de l'un et de l'autre comme étant incompatibles, ce qui est susceptible de créer des problèmes.

Enfin, la quatrième situation répertoriée par les sociologues consiste en un fait religieux « transgressif », que l'on peut raisonnablement exclure de l'armée. Dans ce cas, le soldat ressentirait une telle contradiction entre sa pratique religieuse et son état militaire qu'il serait conduit à prendre de la distance. Il refuserait d'obéir aux ordres donnés par son supérieur, considérant que Dieu est son unique chef.

Constatez-vous ces diverses situations ? Si vous pensez qu'un soldat est tiraillé ou qu'il subit des pressions internes qui le mettent mal à l'aise, comment agissez-vous ? Quel est votre positionnement par rapport à de telles situations ?

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