Il vise à conditionner l'octroi de l'autorisation administrative au respect des objectifs mis en avant par la proposition de loi : réduction des monocultures et indépendance alimentaire. À défaut, il est à craindre que ces intentions restent des vœux pieux. Les auteurs de la proposition de loi eux-mêmes, dans l'exposé des motifs, affirment que « le développement de la monoculture et la simplification des itinéraires culturaux […] contribuent à appauvrir les sols et à déstabiliser la biodiversité » et l'environnement.
La diversification des productions territoriales permet de fournir des denrées alimentaires et des sources locales de protéines végétales de qualité, que valorise la recherche d'une plus grande durabilité de l'alimentation. Rappelons que l'Union européenne importe 12 % des calories qu'elle consomme. Or les changements perceptibles dans les négociations relatives à la prochaine politique agricole commune – PAC – semblent indiquer qu'elle sera loin de son objectif dans ce domaine. C'est pourtant d'une réelle bifurcation écologique que l'humanité a besoin pour maintenir vivable le seul écosystème compatible avec la vie humaine. L'État central comme déconcentré doit être le moteur de la planification écologique nécessaire à cette bifurcation. Il faut soumettre le bénéfice des aides publiques à des exigences écologiques et sociales, comme notre groupe parlementaire ne cesse de le proposer. Dans un souci de cohérence et d'efficacité, nous proposons donc de conditionner les autorisations administratives à la diversification des modes de culture.